Inde coronavirus : 2 millions de cas et 900 000 soignantes volontaires en grève

07 Août 2020 à 19:37 Monde
Inde coronavirus : 2 millions de cas et 900 000 soignantes volontaires en grève

L’Inde, qui a franchi ce vendredi la barre fatidique des 2 millions de cas de coronavirus (Covid-19) confirmés en plus de 41000 décès, a vu les volontaires de la santé communautaire se mettre en grève. Le ministère de la Santé a signalé 62 538 cas au cours des dernières 24 heures, ce qui porte le total de cas confirmé du pays à 2 027 074.

Il a indiqué en outre que 886 personnes étaient mortes, gonflant ainsi le bilan macabre à 41 585 décès. Le ministère a également déclaré que les rémissions augmentaient. L’Inde a le troisième plus grand nombre de cas au monde après les États-Unis et le Brésil. L’Inde est le cinquième pays le plus endeuillé, mais son taux de mortalité d’environ 2% est bien inférieur à celui des deux pays les plus durement touchés. Le taux aux États-Unis est de 3,3% et au Brésil de 3,4%, selon les chiffres de l’Université Johns Hopkins

Les réfractaires (volontaires de la santé) environ 900000 membres d’une force de santé communautaire (entièrement féminine) se plaignant d’être mal équipées pour répondre à la vague d’infection en zones rurales ont entamé une grève de deux jours vendredi. Même si l’Inde a maintenu des taux de mortalité comparativement faibles, la maladie s’est largement répandue dans tout le pays. Le fléau se déplaçant ces derniers temps des villes dotées de systèmes de santé robustes vers les zones rurales, où les structures sanitaires sont rares ou inexistantes.

Les agentes de santé, connues sous le nom d’activistes accréditées de la santé sociale, ou ASHA, qui signifie «espoir» en plusieurs langues indiennes, protestent qu’elles aient été encordées pour aider à la recherche des contacts, aux collectes d’hygiène personnelle et dans les centres de quarantaine, mais n’ont pas reçu d’équipement de protection individuelle ou rémunération supplémentaire. Elles avaient été déployées dans les villages par le ministère de la Santé et dépendent de ce dernier.

Leur travail va de l’escorte des enfants aux cliniques de vaccination en passant par l’accompagnement des femmes enceintes ou en couches. Mais avec la propagation de la pandémie ces dames ont connu une surcharge de travail et sont de plus en plus impliquées par les gouvernements des Etats dans la lutte contre la pandémie.

Malheureusement ces travailleuses de l’ASHA n’ont pas de masques ou d’EPI ou même de désinfectants pour ce faire. Elles sont en première ligne de la pandémie et leurs salaires restent statiques à environ 2000 roupies (27 dollars). Les familles de nombre d’entre elles décédées n’ont pas bénéficié de l’assurance de la maladie du coronavirus parce que leurs décès n’ont pas été enregistrés comme, dus au Covid-19.

Pour ce qui est de la pandémie en Inde, la vie est revenue prudemment à la normale dans les rues de la capitale de New Delhi et du centre financier de Mumbai, qui semblent avoir dépassé leurs pics. A Mumbai, la capitale de l’État central du Maharashtra, les cas s’étaient stabilisés après des mois de croissance régulière. Mais les régions rurales connaissaient une tendance opposée.

Cependant, les autorités ailleurs dans le sous-continent réimposent des verrouillages après de forts pics de cas, comme dans l’Uttar Pradesh, un Etat de 220 millions d’habitants déconfiné en juin puis remis sous cloche. Les infections considérables dans ses districts affectant lourdement son système de santé fragilisé par la pandémie.

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