En pleine crise sanitaire, Khalid Ait Taleb limoge les compétences

07 Août 2020 à 10:49 Société
En pleine crise sanitaire, Khalid Ait Taleb limoge les compétences

Alors que le Royaume vit une crise sanitaire sans précédent liée à la propagation du Covid-19, le ministre de la Santé Khalid Ait Taleb se charge, lui, de limoger les compétences nationales qui ont été au front face au virus fantôme depuis son apparition dans le pays.

En effet, le ministre de la santé a limogé, lundi 3 août, le délégué  préfectoral d’Inzgan, Abdelaziz Makhlouf, un médecin connu pour son dévouement durant toutes ses années de services, d’abord en tant que médecin généraliste mais aussi en tant que directeur de l’hôpital Hassan II d’Agadir de 2012 à 2014.

Les raisons de son limogeage, restent jusqu’au jour d’aujourd’hui inconnues, d’autant plus que la décision du ministre de la santé ne mentionne en aucun cas un motif valable (ou même non valable) pour le démettre de ses fonctions, nous indique une source proche du dossier.

La même source explique à Hespress Fr, qu’il y a des calculs qui se font à l’échelle régionale en perspective des élections 2021, et qui dépassent les cadres et fonctionnaires de santé.

De manière plus générale, la situation au niveau de la délégation régionale de la Santé au Souss est des plus inquiétantes, en ce sens que le cas de Dr Makhlouf n’est pas le premier, puisque le directeur de l’hôpital d’Inzgan, qui a lui même déposé une demande de démission de toute fonction.

Plusieurs raisons sont invoquées; notamment une « gestion désastreuse » par la direction régionale, entachée de toutes sortes d’infractions, faisant que les syndicats du secteur, et dans une première, plaident la cause du directeur préfectoral.

En effet, un militant syndical, médecin au sein de l’hôpital Hassan II a défend ouvertement Dr. Makhlouf, « un médecin compétent, un homme de dialogue et un exemple d’honnêteté ».

« Mais malheureusement, déplore-t-il, c’est la taxe que payent les compétences nationales qui veulent servir leur pays ».

Le syndicaliste nous explique ainsi que le délégué régional pour Souss Massa est une « une vraie catastrophe pour le secteur » . D’ailleurs, un sit-in a été organisé ce jeudi 6 août à 11h devant la direction régionale de la santé à Agadir, par les trois syndicats du secteur, à savoir le syndicat indépendant des médecins du Maroc, la CDT et l’UNTM à cause justement des infractions commises par le directeur régional.

« Le limogeage de Dr. Makhlouf a été une surprise pour tous le monde. Mais il a toujours été en conflit avec le directeur régionale sur la méthode de travail et la gestion de la crise sanitaire du Covid-19, où le délégué régional a platement échoué« , nous explique-t-il.

« La situation était telle que Dr Makhlouf avait remonté au ministère de tutelle plusieurs rapports sur les infractions commises par la direction régionale, mais aucune n’a été donnée. Aucune commission de contrôle n’a été envoyée et aucune enquête n’a été ouverte dans ce sens. Nous avons nous mêmes, au niveau du syndicat, demandé à ce qu’une commission d’enquête du ministère de la santé intervienne dans la région pour prendre connaissance de la situation », nous confie le syndicaliste.

À l’image du directeur de l’hôpital d’Inzegane qui a demandé à être déchargé, plusieurs responsables du secteur ont fait de même, en protestation contre le climat de travail.

Crise sanitaire

Dans le même ordre d’idées, la gestion, par le délégué régional, de la crise sanitaire liée au Covid-19, a largement été critiquée. En effet, le bureau régional de la fédération nationale du secteur de la Santé de Sous Massa relevant de l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM), le bureau régional (S.M) du syndicat national de la santé relevant de la CDT et le syndicat indépendant des médecins du secteur public de la région de Souss Massa, avaient adressé un courrier à Khalid Ait Taleb, en date du 8 mai, om ils mentionnent notamment que plusieurs cadres de la santé ont été touchés par le virus.

Cela revient selon eux, « et de façon directe, à la mauvaise gestion du secteur au niveau régional, et la prise de décision hâtive, unilatérale et non justifiée par le délégué régional, et son laisser aller dans l’exécution des consignes mentionnées dans les circulaires ministérielles, surtout celle concernant la protection des professionnels de la santé ».

Tout en pointant du doigt le délégué régional, les 3 syndicats avaient souligné dans leur correspondance qu’il a été « décidé de transférer plusieurs activités médicales et chirurgicales de l’hôpital Hassan II d’Agadir vers celui d’Inzegan, sans consultation des responsables concernés et en l’absence totale des conditions préalables mentionnées dans la circulaire ministérielle 19DHSA2020 ».

De plus, ils avaient indiqué « qu’un tel transfert d’activité d’un hôpital à un autre, a connu en parallèle le déplacement permanent des patients et des médecins entre les deux structures », soulignant que « près de 50 médecins spécialistes ont été affectés à l’hôpital d’Inzegan, quoique la capacité d’accueil de l’hôpital régional d’Agadir Hassan II, soit largement suffisante jusqu’à présent, contrairement à l’hôpital d’Inzgan qui ne peut pas supporter de grandes vagues de patients venant d’Agadir, surtout en l’absence de la logistique et des ressources humaines nécessaires ».

Ce transfert avait engendré une « pression certaine sur les services de l’hôpital d’Inzegan, outre l’encombrement des patients en l’absence des conditions de prévention et d’hospitalisation ». 

Le délégué régional de la Santé de Souss Massa a ainsi accumulé plusieurs infractions, relevant notamment de l' »abus de pouvoir », dans l’impunité absolue et sans jamais être inquiété, insiste notre interlocuteur qui s’interroge « qui soutient ce responsable? ». 

Approchée par Hespress Fr sur la raison du limogeage de Dr. Makhlouf, et plus généralement sur la situation à Souss-Massa, la tutelle n’a livré aucune réponse.

Affaire à suivre ..

Les températures attendues pour la journée du vendredi 7 août 2020