Hong Kong: Nouvelles tensions entre Paris et Pékin autour d’un accord d’extradition

04 Août 2020 à 10:38 Monde
Hong Kong: Nouvelles tensions entre Paris et Pékin autour d’un accord d’extradition

De nouvelles tensions sont à l’ordre du jour entre Paris et Pékin au sujet de la décision française de suspendre la ratification de son accord d’extradition avec Hong Kong . Mardi, la Chine s’est dite « fermement opposée » à la « mauvaise décision » de Paris. 

« La mauvaise décision et les propos de la France concernant Hong Kong constituent une ingérence dans les affaires intérieures de la Chine. La Chine y est fermement opposée », a déclaré mardi, devant la presse le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin.

La veille, le ministère français des Affaires étrangères avait annoncé que la France n’allait pas ratifier « en l’état » par le Parlement, l’accord d’extradition signé en 2017 avec Hong Kong. En cause, la récente loi sur la sécurité nationale  imposée à l’ancienne colonie britannique par le pouvoir central chinois.

La Chine s’est heurtée à une vague de critiques internationales suite à cette loi qui vient à la suite des manifestations de 2019 des Hongkongais refusant d’être extradés vers la Chine alors que les deux territoires sont gérés sous le principe « un pays, deux systèmes » ce qui conférait à l’île des avantages que la Chine continentale n’avait pas. Les Hongkongais craignent de perdre leurs libertés.

Le texte « remet en cause le principe +un pays, deux systèmes+ et le respect du +haut degré d’autonomie+ de Hong Kong et des libertés fondamentales qui en découlent », a déploré lundi la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll.

Elle « affecte aussi, directement, nos ressortissants et nos entreprises », a jugé la porte-parole appelant à la tenue « dans les meilleurs délais » des élections législatives à Hong Kong, initialement prévues en septembre et reportées vendredi d’un an pour cause de coronavirus.

La France n’est pas le premier pays à avoir annoncé cette position contre l’extradition, soit en rendant l’accord caduc ou en exprimant son refus d’en signer un. Parmi ces pays, le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie, l’Allemagne, et Nouvelle-Zélande, qui ont annoncé des mesures similaires ces dernières semaines en réaction à la loi sur la sécurité nationale en vigueur depuis le 30 juin.

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