Les tribulations maghrébines de la présidence de Nicolas Sarkozy

04 Août 2020 à 16:24 Culture
Les tribulations maghrébines de la présidence de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy, en usant de la plume et des mots pour relater ses tribulations présidentielles s’est retrouvé en librairie et dans son nouveau livre, « Le Temps des Tempêtes » (Tome 1), publié à trois mois de son procès pour corruption et « trafic d’influence, « l’ancien chef de l’Etat français, a revisité les deux premières années de son quinquennat en y relatant ses deux premières années au pouvoir.

L’ouvrage de 522 pages, écrit durant le confinement, dans le plus grand secret semble-t-il, retrace principalement son action à l’international. De son installation dans le bureau présidentiel à l’Élysée et sa découverte de l’exercice du pouvoir aux arcanes des sommets internationaux et aux coulisses de la libération des infirmières bulgares, de ses relations avec Angela Merkel, « bulldozer timide » en passant aux rencontres avec les chefs d’Etat africains, l’ancien hôte de l’Élysée a brossé les portraits des différents leaders internationaux, qu’il a eu l’occasion de fréquenter durant son mandat.

Pour notre part on en restera au chapitre maghrébin et les tumultueuses relations qu’ont de tout temps entretenues les présidents français avec les dirigeants du continent. Nicolas Sarkozy en revenant sur ses relations avec les présidents africains, a notamment dressé le portrait du président algérien déchu, Abdelaziz Bouteflika affirmant que les rencontres avec ce dernier duraient longtemps, trop longtemps à son goût. L’ancien président français affirme que cela prenait plus de trois heures. « Si une réunion durait moins, on pouvait considérer qu’elle avait été écourtée ».

Sarkozy souligne qu’il souffrait le martyre pendant les différentes entrevues qu’il a eues avec l’ex président algérien. « Un détail me gênait. Il ne voulait pas converser en face-à-face. Nous étions toujours assis côte à côte. Il fallait constamment tourner la tête pour se regarder. Je quittais souvent la résidence où il me recevait, avec un fameux torticolis », a-t-il écrit.

Nicholas Sarkozy se souvient que, lors de ses entretiens avec Bouteflika, ce dernier était obsédé par la guerre de libération algérienne et le sujet était autant inévitable que c’était également une condition sine qua non lors de la première heure (un minimum) de l’entrevue. Sarkozy indique qu’il se sentait obligé d’essuyer des vertes et des pas mûres , « il s’ensuivait un cortège de reproches sur les injustices et les atrocités auxquelles tout ceci avait donné lieu […] ».

Bouteflika reprochait aussi à l’ex-président français sa préférence pour le Maroc. Sarkozy témoigne : « Je dus également me justifier de ce qu’il appelait mon tropisme marocain ».

« Je m’en défendis avec vigueur même si, intérieurement, je me disais, au moins, quand je suis à Rabat, le Roi ne me reproche pas le protectorat ! », dit-il.

Nicolas Sarkozy écrit également que « le Royaume a bien de la chance d’avoir un souverain de cette qualité ». Le Roi Mohammed VI est « un homme d’une grande intelligence, très francophile et d’une gentillesse qui ne se dément jamais », affirme Sarkozy, qui ajoute que le Souverain rassemble, à lui seul, « l’autorité de son père Hassan II », la « modernité de son âge » et « l’humanité de son tempérament ».

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