Le Liban sombre doucement et sûrement dans le chaos le plus absolu

31 Juil 2020 à 21:41 Monde
Le Liban sombre doucement et sûrement dans le chaos le plus absolu

Le Liban est au bord de la famine c’est un secret de Polichinelle. C’est la conséquence d’un chaos interne instrumentalisé par une classe politique trop intéressée, divisée et rongée par la corruption mais également par les puissances régionales et plus particulièrement l’Iran.

Agressions physiques pour le moindre bien alimentaire (lait, baguette…) cause d’effondrement économique, crise sanitaire aggravée par un système hospitalier dans l’incapacité de faire face à la pandémie du coronavirus, trois heures d’électricité par jour, tensions à la frontière sud avec Israël, baisse dramatique du pouvoir d’achat des Libanais, licenciements liés à la crise sanitaire et au confinement, taux de chômage de l’ordre de 30 %, autant de facteurs qui caractérisent l’instant du pays du Cèdre plus que jamais à la merci de la désorganisation totale de son exécutif qui ne sait plus où donner de la tête pour parer à la crise sociale et économique qui frappe le pays. Dans l’histoire c’est la population qui en paye le lourd tribut, la moitié des Libanais ont basculé sous le seuil de pauvreté.

A cette situation on ne saurait ajouter mais non sans affliction un Liban en défaut de paiement depuis mars 2020 ce qui fait qu’il s’enfonce à chaque jour de plus en plus dans une crise économique comme jamais auparavant. La livre libanaise s’est effondrée de près de six fois de sa valeur par rapport au dollar (de 1 500 livres pour 1 dollar elle est passée à près de 9 000) en quelques mois.  L’inflation est galopante et pour une population dont une bonne majorité est dépendante de sa diaspora, il est aisé de comprendre le chaos dans lequel baigne le pays. Les prix à la consommation explosent, les produits importés dont ceux alimentaires sont de plus en plus rares au Liban. Ces dernières représentent environ 6 % du PIB du pays, ce qui classe le Liban de sa dette de 92 milliards de dollars parmi les pays plus dépendants du monde.

Le Hezbollah, membre de la coalition, a longtemps refusé l’ingérence du Fonds monétaire international, avant d’assouplir sa position. Aujourd’hui il l’accepterait sous certaines conditions nationalistes « que le réformes ne portent pas atteinte à la souveraineté nationale ». La réticence est compréhensible au regard des audits du FMI, et leur impératif de transparence, qui devraient dénoncer la caisse noire du Hezbollah et ses escapades régionales comme le passage en Syrie des armes et des hommes. C’est d’ailleurs l’objectif de Washington, le contributeur le plus consistant de l’institution monétaire. L’enjeu, 10 milliards de dollars du FMI qui dictera ses réformes.

Si le pays arrive à décrocher ce jackpot en plus des 11 milliards promis sous conditions en 2018, par l’Europe, le Liban pourrait espérer les lueurs du bout de tunnel. Pour l’heure il sombre dans l’obscurité de ses coupures d’électricité et baigne dans le désespoir. Pour la première fois de son histoire, nombre de Libanais ont célébré sans moutons la fête de l’Aïd Al Adha. En effet, avec la dégringolade de la monnaie, qui a bondi en quelques mois de 1 500 livres pour un dollar à presque 9 000 livres sur le marché noir, un mouton coûte désormais prés de quatre fois le prix de l’année passée. Comme pour ne  rien arranger Moody’s, l’une des principales agences de notation américaine a dégradé le Liban à C, la plus basse note.

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