Bank Al-Maghrib : La rareté d’opportunités d’emploi favorise l’activité informelle

31 Juil 2020 à 16:14 Economie
Bank Al-Maghrib : La rareté d’opportunités d’emploi favorise l’activité informelle

Le rapport annuel de Bank Al-Maghrib pour l’année 2019, soumis au roi Mohammed VI, indique que la rareté des opportunités de travail pousse des milliers de citoyens actifs, en particulier les jeunes, à s’adonner à des emplois informels et précaires.

La forte aide financière fournie par l’Etat pour atténuer les effets de la pandémie du coronavirus Covid-19, fait montre que plus de cinq millions de familles, soit plus de la moitié de la population marocaine, vivent d’activités informelles, et qu’une grande partie d’entre elles n’ont pas de protection sociale, indique le document. Selon Bank Al-Maghrib, malgré les réalisations accomplies dans de nombreux domaines au cours de la dernière décennie, comme la lutte contre la pauvreté ou la généralisation de l’éducation, les performances restent généralement insuffisantes pour améliorer sensiblement le niveau de vie de cette catégorie de la population. Selon les données du rapport, la hausse annuelle moyenne du PIB par habitant a atteint 2,3 % au cours de la dernière décennie, contre 3,4% au cours de la décennie précédente, et le Maroc reste donc classé dans la tranche inférieure du groupe des pays à revenu intermédiaire.

Le rapport souligne également que « le Maroc est toujours classé dans la catégorie susmentionnée, à un moment où plusieurs autres pays appartenant à la même catégorie ont pu accéder à des catégories supérieures au cours des vingt dernières années ». S’exprimant sur le nouveau modèle de développement, le rapport souligne que « au vu des conditions actuelles, le comité, chargé de prendre acte des attentes des différentes composantes du pays, doit prendre en compte les effets et les répercussions de la pandémie coronavirus (Covid-19) ». Selon le rapport, la pandémie du coronavirus (Covid-19), à laquelle le monde et le Maroc sont confrontés, n’est plus liée à un simple phénomène temporaire, mais plutôt à une crise qui entraînera inévitablement de profondes transformations aux niveaux économique et social.

« Protéger l’économie et la relancer dans un proche avenir devrait être une priorité pour les pouvoirs publics, car à moyen et long terme, il est nécessaire d’établir une politique efficace d’investissement dans la résilience sociale et économique ». La réalisation de la résilience sociale, selon Bank Al-Maghrib, est basée sur la protection sociale et la valorisation du capital humain, car elle est considérée comme l’un des défis les plus importants auxquels le pays est confronté. La situation actuelle ayant démontré l’importance de fournir des offres adéquates dans le domaine des services de santé et de les mettre à la disposition des citoyens, en particulier des marginalisés.

Pour atteindre ce qui précède, le rapport indique que cet objectif nécessite un investissement majeur dans les infrastructures et les ressources du système de santé, en plus d’accélérer la réforme de la politique sociale. Cela dépend de l’établissement d’un dossier social unifié afin d’améliorer le ciblage des bénéficiaires et de corriger les disparités résultant de la multiplicité des programmes sociaux. Quant à la résilience économique, elle nécessitera de relever le niveau de compétitivité de l’économie et d’accélérer sa croissance tout en valorisant son aspect holistique.

Malgré le développement d’une offre exportable centrée sur les métiers mondiaux, celle-ci reste limitée en termes de contenu et dépend des importations, ce qui réduit son impact sur l’économie et sur la création d’emplois. Bank Al-Maghrib a souligné que le déficit commercial continue de s’aggraver, d’où la fragilité de la balance extérieure du Maroc. A cet égard, l’Institution a examiné la récente controverse sur certains accords de libre-échange visant à mettre en place des mesures de protection qui affecteraient l’image et l’attractivité du Maroc. Le rapport considère que l’attractivité de l’économie nationale est cruciale dans un environnement de forte concurrence afin de continuer à attirer les investissements, mais considère que « cette polémique pose la question du processus décisionnel pour signer des accords de ce type, car elle appelle à l’anticipation et à l’analyse des caractéristiques et des coûts à long terme ».

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