Afrique du Sud : Quand la corruption se nourrit de la misère sanitaire du coronavirus

31 Juil 2020 à 10:37 Monde
Afrique du Sud : Quand la corruption se nourrit de la misère sanitaire du coronavirus

Le nombre de cas confirmés de coronavirus en Afrique du Sud frôle le demi-million, le ministère de la Santé ayant signalé 11 046 nouveaux cas en 24 heures portant ainsi le bilan à 482 169 cas, dont 7 812 décès. L’Afrique du Sud qui compte bien plus de la moitié des cas de coronavirus (Covid-19) sur le continent africain est le cinquième pays le plus touché en nombre de cas d’infections au monde.

La lutte contre la corruption dans la réponse de l’exécutif à la pandémie du pays est également le problème croissant de l’Afrique du Sud. Jeudi, le ministre de la Santé de de la province de Gauteng (région centrale et épicentre du pays), a été contraint de démissionner pour des allégations de corruption liées à des contrats gouvernementaux pour des équipements de protection individuelle Covid-19 (EPI). Le président Cyril Ramaphosa a averti « qu’aujourd’hui, plus que jamais, ce problème persistant en Afrique du Sud avec la crise sanitaire qui frappe le pays met la vie des gens en danger « .

David Makhura, premier ministre de la province du Gauteng, où se trouvent de grandes villes comme Johannesburg et Pretoria, avait déclaré que « les paiements d’environ 1 milliard de rands (60 millions de dollars) aux fournisseurs d’EPI avaient été interrompus, après qu’un audit initial ait soulevé des signaux d’alarme tels que la surévaluation et la mauvaise qualité. Le ministre de la Santé de Gauteng, Bandile Masuku, prendra au moins quatre semaines de congé pendant les enquêtes », avait-il ajouté. Gauteng a plus d’infections confirmées au coronavirus (Covid-19) que toute autre province, représentant environ un tiers du demi-million de cas en Afrique du Sud.

La porte-parole du président Cyril Ramaphosa, Khusela Diko, a pris un congé ce lundi après qu’un reportage ait annoncé que son mari avait remporté des contrats d’EPI d’une valeur de 125 millions de rands avec le département de la santé de Gauteng. Diko et son mari, « roi du peuple Bhaca », ont nié avoir fait quoi que ce soit d’illégal. Dans un communiqué, ils ont déclaré qu’un contrat d’EPI attribué à Royal Bhaca Projects, une société liée au mari de Diko, avait été annulé avant le versement des fonds publics.

Masuku avait réfuté les allégations d’irrégularité, mais Makhura a déclaré que les allégations contre Masuku et le département de la santé de la province étaient graves et ne pouvaient être ignorées. « Ces allégations auxquelles nous sommes confrontés maintenant ont profondément érodé la confiance du public », avait encore déclaré Makhura. « L’EPI est très, très important pour nos travailleurs de première ligne, il est destiné à les protéger, à leur donner les moyens de faire leur travail, il n’était pas destiné au butin

Le Premier ministre avait ajouté que tous les contrats d’EPI seraient examinés de près. « Cette histoire d’EPI a le potentiel de nous détourner de la bataille pour sauver des vies, et c’est honteux ».

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