Les «banques participatives» terminent la troisième année consécutive avec un «résultat négatif»

30 Juil 2020 à 16:41 Economie
Les «banques participatives» terminent la troisième année consécutive avec un «résultat négatif»

Les banques participatives au Maroc n’ont pas été en mesure d’obtenir des résultats positifs sur le niveau des bénéfices depuis le début de leurs travaux en 2017 à un moment où l’arsenal juridique nécessaire à leur plein fonctionnement n’est pas encore achevé.

Selon le rapport de supervision bancaire pour l’année 2019 publié par Bank Al-Maghrib cette semaine, les banques participatives marocaines ont terminé pour la troisième année consécutive avec un résultat net négatif. L’année dernière cela s’élevait à 419 millions de dirhams, contre 377 millions en 2018 , et moins de 6 millions en 2017, tandis que le capital restant dû des crédits octroyés par les banques participatives a subi une progression 41,2% soit 6,47 milliards de dirhams.

La raison de cette situation aux résultats négatifs est l‘augmentation des dépenses publiques d’exploitation d’environ 37% et qui ont atteint 611 millions de dirhams. Cela reflète le coût d’investissement requis par le démarrage du financement participatif. Selon les données de Bank Al-Maghrib, les dépôts des clients auprès des banques participatives s’élevaient à 3 milliards de dirhams fin 2019, contre 1,66 milliard de dirhams en 2018, alors que les fonds accordés s’élevaient à 6,5 milliards de dirhams, contre 3,1 milliards de dirhams.

Le financement de la Mourabaha pour l’acquisition immobilière ((l’activité de la banque participative dépend énormément du marché de l’immobilier) domine en grande partie le financement bancaire participatif, représentant 88% du portefeuille de financement proposé par ces nouvelles institutions bancaires soumises, faut-il le rappeler à des conditions plus strictes que n’ont pas à leur envier les banques conventionnelles.

L’année 2019 a été marquée par le lancement des dépôts d’investissement, un produit qui a réussi à lever environ 363 millions de dirhams. Cela a permis aux banques participatives de diversifier leurs ressources. Dans son rapport également, Bank Al-Maghrib a indiqué que les huit comptes ouverts par les banques participatives (5 banques et guichets participatifs) sont passés de 56 mille à 87 mille comptes clôturés en 2019.

Pour ce qui est des réseaux d’agences, il est passé de 100 agences en 2018 , à environ 133 agences à fin 2019, la moitié d’entre elles étant concentrées des deux côtés de Casablanca – Settat et Rabat – Salé – Kénitra. Pour le wali de Bank Al Maghrib, Abdellatif Jouahri,  il est peu tôt pour procéder à l’évaluation objective du bilan des banques participatives et à déterminer leur impact. Un délai de trois à quatre ans étant nécessaire pour ce faire.

La RAM précise ses dispositions quant à la suspension des vols spéciaux du 3 au 10 août