Coronavirus : En Afrique du Sud, pandémie et corruption font bon ménage

26 Juil 2020 à 11:36 Monde
Coronavirus : En Afrique du Sud, pandémie et corruption font bon ménage

L’Afrique du Sud, cinquième pays le plus touché du monde par le coronavirus (Covid-19) a annoncé hier samedi avoir recensé plus de 12000 nouveaux cas confirmés pour un total de 434 200 et de 6655 décès. L’Afrique du Sud compterait bien plus que la moitié de cas sur le continent et les experts craignent quant à une propagation du virus qui deviendrait incontrôlable au regard de nombre zones mal desservies par les services de santé. Le Continent de 1,3 milliard de personne compte au bas mot à ce jour plus de 828 000 le nombre réel restant inconnu en raison du manque de tests et des données insuffisantes.

Pour ce qui est de la réponse de l’Afrique du Sud à la Covid-19, elle est entachée d’allégations de corruption. En effet son plan de secours économique « historique » est de 26 milliards de dollars. Le président Cyril Ramaphosa a annoncé une vaste enquête sur les allégations selon lesquelles des fonctionnaires sans scrupules et des entreprises privées pillaient les efforts visant à protéger les 57 millions d’habitants du pays. « Plus qu’à tout autre moment, la corruption met nos vies en danger », a-t-il déclaré dans un discours national. Et de décrier les domaines touchés tels que la nourriture pour les pauvres, les équipements de protection individuelle pour les agents de santé, les subventions pour les nouveaux licenciés et la liste est loin d’être exhaustive.

Pourtant l’Afrique du Sud est considérée comme le mieux préparé de tous les pays d’Afrique subsaharienne à la Covid-19. Mais des années de corruption endémique ont affaibli ses institutions, y compris le système de santé. En octobre, le chef de l’Unité spéciale d’enquête du gouvernement déclarait que la fraude, le gaspillage et les abus dans les soins de santé siphonnaient 2,3 milliards de dollars par an. Dans le nouvel épicentre du virus en Afrique du Sud, la province de Gauteng, une société fournissant au gouvernement des EPI, Royal Bhaca, facturait plus de quatre fois le prix normal le masque chirurgical, le désinfectant ou autres selon une enquête du journal « The Sunday Independent ».

Le secrétaire général, du syndicat des travailleurs de la santé Hospersa, Noel Desfontaines, a critiqué cette situation. «Le ministre de la Santé nous dit que suffisamment d’argent a été distribué pour les EPI aux provinces, mais lorsque nous allons dans les hôpitaux, nous ne voyons pas cela», a-t-il déclaré ajoutant « Dans certains cas, les produits, fournitures ou matériels médicaux ont été acheté mais cela n’atteint pas les personnes auxquelles ils sont destinés ». De leur côté, les soignants (infirmières et autres) revendiquent pour plus de protection, les escroqueries à la surévaluation des fournitures dont on a grandement besoin sont à la hausse. Des sociétés gonflent les prix des masques faciaux jusqu’à 900%, ont été condamnées à une amende.

Mais la corruption liée à la pandémie a été signalée dans toute l’Afrique du Sud. Dans la province du Kwazulu-Natal, le gouvernement a suspendu des fonctionnaires qui auraient été impliqués dans des achats massivement surévalués allant jusqu’à 2,4 millions de dollars d’équipements de protection individuelle et de couvertures pour les pauvres. La province du Cap oriental l’une des régions les plus pauvres et point chaud croissant de la (Covid-19), fait face à des questions sur l’achat de « scooters d’urgence » inappropriés. Le département provincial de la santé ayant acheté 100 motos à 5 933 dollars chacune alors qu’elles ne coûtent que 2 337 dollars. D’autres allégations font état de fausses organisations caritatives qui ont surgi pour exploiter des fonds de secours.

En attendant la pandémie ronge le pays et les restrictions de verrouillage ont gravement nui à l’économie. Le chômage dépasse désormais 30% et plus de 16 millions de personnes bénéficiaient déjà de subventions sociales. Ce nombre est appeler à grimper. Environ 3 millions de personnes ont perdu leur emploi au cours du premier mois du confinement en Afrique du Sud. De nombreuses familles comptent sur les colis alimentaires du gouvernement pour survivre, faisant souvent la queue pendant des heures dans le climat hivernal de l’hémisphère sud. L’anecdote, la Caisse d’assurance-chômage a signalé que 340 000 $ destinés à 200 travailleurs ont été versés sur le compte bancaire d’un individu. Cela veut tout dire de ce qui se passe en Afrique du Sud.

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