« Bill Yadi » : Quand la calligraphie arabe s’incline devant la poésie

19 Jan 2019 à 10:00 Culture
« Bill Yadi » : Quand la calligraphie arabe s’incline devant la poésie

Au cœur battant de la médina de Rabat, Wafae Zaoui, souriante, des lunettes circulaires et une étincelle dans les yeux, qui traduit le lien qui la lie à son petit atelier à deux pas de la kasbah des Oudayas, cet endroit magique qui ne laisse personne indifférent.

Entourée de ses petits sacs en cuir avec de la calligraphie par dessus, des toiles avec des paroles de Jabran Khalil Jabran, des passages de poèmes de Mahmoud Darwich ou encore des couplets de chansons d’Oum Kalthoum, Wafaa Zaoui, la fondatrice de « Billyadi » nous parle de son concept, de ses inspirations et de la calligraphie.

Passer de l’ingénierie à la gestion d’entreprises et finir en galerie d’art

Credits : Sara AFIFI

Contrairement à ce qu’elle dégage actuellement, la calligraphe a fait des études de mathématiques, elle est passée par une école d’ingénieurs puis a fait des études en gestion pour finir en calligraphie et en design. Un sacré détour !

Sur son bureau, où elle a l’habitude de travailler, Wafaa nous parle de son « Billyadi », un projet qui la définit et à travers lequel elle transmet des messages, éternise des mots, des idées, par moment des prénoms qui pourraient tout dire pour elle ou pour quelqu’un d’autre. « Cet amour pour la calligraphie a commencé il y a 15 ans, depuis le collège » déclare-t-elle.

Les supports

La calligraphe s’intéresse à tous les supports et cherche toujours le défi. Derrière elle des sacs en cuir, à sa droite, une montre ornée de calligraphie arabe, à sa gauche des tableaux et des toiles. La belle écriture est omniprésente dans son petit monde.

Son choix du cuir et du bois était une manière de parler aux Marocains à travers ce qu’ils trouvent précieux. « À travers le cuir, je cherche un effet relief sur une surface lisse. J’essaie d’adapter mon travail à chaque type de cuir ».

Wafaa est passée du cuir, du tissu, du bois et des autres supports « traditionnels » à d’autres supports plus « modernes » à savoir les tablettes et les PC portables. Une calligraphie à la sauce technologique.

De la sacralité des versets à la sacralité de la poésie  

L’artiste met la lumière sur son « exploitation » de la calligraphie classique utilisée dans les versets et dans l’aspect religieux pour transcrire des poèmes de Mahmoud Darwich et des passages de chansons d’Oum Kalthoum. « J’ai essayé de changer le rapport que nous avons avec la calligraphie. Généralement nous n’osons pas changer nos habitudes et ce qui était instauré auparavant. J’essaie de vulgariser cet art et de l’intégrer dans des domaines où nous n’avons pas l’habitude de le voir », nous déclare Wafaa Zaoui.

La designer, une passionnée de Fairouz a lancé une collection de tote bags inspirée des albums de la chanteuse. Son inspiration vient de ce qui l’entoure, ce qui la passionne, de ce qui la représente, de ses petits moments de joie et de méditation…

Concrétiser des idées rêvées

La calligraphe est fascinée du fait qu’elle soit capable de concrétiser une idée dont quelqu’un a tant rêvé à travers son travail, « J’adore quand j’arrive à réaliser les idées des autres et à les aider à faire passer leur message à leur entourage », ajoute-t-elle.

Passionnée et pleine d’énergie la jeune femme montre que son esprit regorge d’inspiration, son regard montre qu’elle est dans son élément, dans son petit monde cerné de calligraphie, de poésie et d’art. Wafaa semble rester créative jusqu’à la pointe de son petit pinceau qui lui sert de tremplin pour se connecter avec le monde.

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