Deutsche Welle: Le Maroc, une alternative pour raccourcir leurs chaînes d’approvisionnement 

19 Juil 2020 à 10:11 Economie
Deutsche Welle: Le Maroc, une alternative pour raccourcir leurs chaînes d’approvisionnement 

Le site allemand « Deutsche Welle » a estimé que le Maroc pourrait constituer un choix évident pour les entreprises qui cherchent à raccourcir leurs chaînes d’approvisionnement et à réduire leur dépendance de la Chine en raison de l’impact négatif du nouveau coronavirus sur les entreprises européennes.

Dans un article intitulé « la débandade chinoise pourrait être bénéfique pour l’économie marocaine », le portail allemand fait noter que la pandémie de coronavirus a révélé la dépendance excessive des entreprises et des gouvernements européens, déjà ébranlés par les tensions commerciales américano-chinoises, de la Chine pour à peu près tout, des voitures aux médicaments.

E partant, souligne l’auteur de l’article, Guillaume Van Der Loo, le Maroc, qui constitue, selon les experts, un îlot de stabilité politique dans le voisinage sud turbulent de l’UE et un partenaire commercial fiable du bloc, pourrait être un choix évident pour les entreprises qui cherchent à raccourcir leurs chaînes d’approvisionnement.

Van Der Loo, du groupe de réflexion bruxellois Centre for European Policy Studies, cité par DW, souligne ainsi que si l’on regarde le Maroc,« il y a des conditions plus favorables là-bas pour des domaines spécifiques en particulier, en ce qui concerne les énergies renouvelables et les secteurs liés à l’environnement, le Maroc est tout à fait un précurseur et l’UE essaie de s’y intégrer ».

«L’idée que la Commission européenne a déjà exprimée sur la diversification des chaînes d’approvisionnement pourrait être bénéfique pour le Maroc et pourrait accélérer les négociations sur le nouvel accord commercial», dit-il.

En rappelant les déclarations, en avril dernier, du ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy, selon lesquelles l’économie marocaine connaîtra des difficultés et des changements dans sa composition, mais aura aussi de grandes opportunités à saisir, le portail note que « les opportunités qui s’ouvrent actuellement au Maroc n’ont pas été possibles au cours des 50 dernières années« .

Pour Van Der Loo, MHE faisait simplement écho à ce que de nombreux experts ont dit ces derniers mois alors que les entreprises européennes, durement touchées par les perturbations massives de la chaîne d’approvisionnement causées par l’épidémie de COVID-19, s’efforcent de rendre leurs chaînes de valeur plus résistantes aux chocs futurs, notamment en réduisant leur dépendance excessive à l’égard de la Chine et rapprochement de leur fabrication.

Deutsche Welle revient aussi les liens économiques et commerciaux du Maroc qui sont « en plein essor« , notamment avec l’UE, les investissements massifs dans les infrastructures et les incitations telles que les allégements fiscaux et les parcelles de terrain gratuites l’ont fait émerger comme un chef de file pour attirer les investissements étrangers directs en Afrique, avec la France en tête de la plupart des investissements en 2018.

Les gains de la refonte attendue des chaînes d’approvisionnement pour le Maroc seraient plus visibles dans le secteur automobile, écrit le site allemand, précisant que le Royaume est devenu au cours des dernières années un hub pour les constructeurs automobiles ciblant les marchés d’Afrique et d’Europe, soutenu par des investissements massifs de constructeurs automobiles européens. Le Maroc abrite des filiales des grands constructeurs français Renault et propriétaire de Peugeot PSA.

Le portail cite à cet égard des analystes de Fitch Solutions qui soutiennent que « le Maroc sera un concurrent sérieux pour bénéficier de la restructuration de Renault et de PSA, car l’industrie manufacturière du pays est dominée par ces deux équipementiers et leurs chaînes d’approvisionnement sont déjà bien développées dans le pays « .

Pour conclure que la main-d’œuvre plus importante et moins chère du Maroc devrait lui donner un avantage sur les pays d’Europe centrale et orientale (PECO), qui pourraient également bénéficier des plans de restructuration des constructeurs automobiles.

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