Coronavirus : Les titulaires de diplômes supérieurs à la recherche de travail dans les usines textiles

Coronavirus : Les titulaires de diplômes supérieurs à la recherche de travail dans les usines textiles

Après de longues et éprouvantes études qui ont abouti à sa maîtrise en sciences juridiques l’an dernier, et après des semaines de préparation intensive pour réussir un concours public, Youssef (26 ans) malgré son diplôme s’est retrouvé devant un dilemme pour le moins préoccupants quant à son avenir.

En effet il s’est retrouvé devant la quasi impossibilité de prétendre à la fonction publique après que le Chef du gouvernement Saâd Eddine El Othmani ait notifié aux départements ministériels et autres institutions étatiques de revoir à la baisse leur programmation budgétaire et de ne pas programmer la création de nouveaux postes financiers pour l’exercice 2021, à l’exception des secteurs de la santé, de l’éducation et de la sécurité.

La recherche d’un emploi autre que publique étant devenu de facto une urgence pour ce jeune marocain. A diplôme égal, ils sont nombreux les Marocains à être dans son cas. Bref, pour Youssef les longues files des heures durant, devant les agences pour l’emploi à Tanger non plus de secret pour lui.  Il s’est retrouver à chercher du travail en espérant en trouver dans une des nombreuses usines textiles de la périphérie de la ville du Détroit. Youssef paye là, la décision gouvernementale de fermer le secteur public en se retrouvant à la recherche d’un éventuel emploi loin de ses compétences et attributs.

D’autres jeunes diplômés dans son cas, en attendant de concourir dans deux ans, vivoteront dans l’informel, histoire garantir leurs moyens de subsistance et de préserver un semblant de dignité. D’autres tenteront carrément la traversée, les « patéras » de circonstances ne venant pas à manquer dans la région, comme pour le jeune « Hisham A. », un prodigue de la littérature française que ne voit plus son avenir dans le Royaume.

Au Maroc, le taux de chômage est passé à 10,5%, à la faveur de l’épidémie du coronavirus dans le pays. Le Haut-commissariat au plan indique que le taux de chômage est plus répandu de 17, 8%, chez les titulaires d’un diplôme universitaire. Il est prévu que le taux de chômage augmente au deuxième trimestre de cette année, compte tenu des répercussions de la crise du coronavirus (Covid-19) et des conséquences de l’urgence sanitaire, entrée en vigueur le 20 mars, et qui a fait cesser l’activité d’un grand nombre de secteurs de la construction à la production dans le Royaume.

L’analyste économique marocain Mehdi Lahlou a affirmé que « le problème de l’emploi a de tous temps été considéré comme l’un des dossiers sociaux des plus délicats et cruciaux pour le gouvernement. Le problème concerne aujourd’hui les ressources financières, l’Etat ne disposant pas de suffisamment de ressources pour augmenter le nombre de postes destinés aux jeunes diplômés ». Lahlou souligne que « 15 ou 20 mille postes ne changeront pas le marché du travail marocain », ajoutant « qu’il aurait été plus judicieux et tout à fait plausible de puiser dans le fonds Covid-19 pour investir dans l’emploi des jeunes, dans le cadre de la loi de finances votée en début d’année ». L’analyste considère que « la modification de la loi de finances, selon laquelle le nombre de postes publics sera réduit, est illégale, car elle ne doit pas être proposée unilatéralement par le Chef du gouvernement, mais plutôt par le Parlement, qui devrait déterminer le nombre de postes proposés à pourvoir sur le marché du travail ».

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