Enseignement: La CDT dénonce les propos d’Amzazi sur les écoles du public

05 Juil 2020 à 14:43 Société
Enseignement: La CDT dénonce les propos d’Amzazi sur les écoles du public

Le ministre de l’éducation nationale n’a apparemment pas pesé ses mots. Au sein de l’hémicycle, le responsable du secteur de l’enseignement a déclaré ouvertement, en ce qui concerne la volonté des parents d’élèves inscrits dans le privé de se diriger vers l’enseignement public suite à leur conflit avec les écoles privées, que le public est dan l’incapacité d’absorber ces nouvelles arrivées.

Une déclaration qui lui a valu un lynchage sans précédent sur les réseaux sociaux de la part des parents d’élèves, qui estiment que chaque Marocaine et chaque Marocain ont droit à un enseignement gratuit et de qualité. Même son de cloche du côté du syndicat national de l’enseignement relevant de la confédération démocratique du travail (CDT), qui, lors d’une réunion de son bureau, s’est arrêté avec “stupéfaction”sur les propos du ministre. 

Pour la CDT, les justifications « techniques » avancées par le ministre de l’éducation nationale qui selon la Centrale, « n’évoquent pas la nature du moment historique par lequel passe notre pays, et qui nécessite un examen des politiques adoptées, et un investissement dans l’école publique qui est un levier fondamental du développement ». 

Et partant, estime-t-elle, les déclarations du ministre expriment « la soumission du gouvernement au lobby du secteur privé qui investit dans l’enseignement ».

Ainsi, le Bureau national du syndicat national de l’éducation, « qui suit avec une grande inquiétude les déclarations du ministre de l’Éducation nationale et leurs implications à la lumière de la fermeture continue de la porte de dialogue sectoriel et en ignorant les demandes urgentes et légitimes des travailleurs de l’enseignement », rejette les déclarations de Said Amzazi, et les considère comme « hors du contexte historique ». 

La CDT souligne à ce propos « le droit de tous les Marocains à bénéficier d’un enseignement public de qualité et gratuit », relevant que « l’État doit faire tout ce qui est nécessaire pour y parvenir puisqu’il s’agit de la raison de son existence ».

Le bureau réitère également sa position sur la nécessaire « réhabilitation de l’école publique en tant que garant de la répartition équitable des connaissances et un levier essentiel pour le développement ». 

Pour lui, « la priorité des priorités actuelles est d’assurer la santé et la sécurité des étudiants et tous les cadres qui garantissent la réussite des examens du baccalauréat à la lumière de la flambée continue de la pandémie du Covid-19 ».

Mais pas que ! Le syndicat « renouvelle sa demande à la tutelle d’ouvrir un dialogue sectoriel sérieux et fructueux, de publier les décrets et les promotions restantes dans les échelles et les rangs et de traiter tous les dossiers revendicatifs et questions des femmes et des hommes de l’éducation avec le sérieux et la responsabilité nécessaires ».

Tout en affirmant son plein soutien à toutes les initiatives de lutte dans les  différents groupes de travailleurs de l’éducation (portant l’emblème …), le syndicat tient le Ministère de l’éducation nationale pleinement responsable de l’escalade des tensions, en raison de son « manquement à ses obligations de ne pas publier les décrets et de ne pas reprendre le dialogue ».

Il exprime pareillement son rejet des mémorandums 34.20 et 35.20, qui concernent la procédure de nomination des nouveaux diplômés des inspecteurs de l’éducation et les cadres de gestion de l’éducation, et invite ainsi le département de Saïd Amzazi à revoir cette procédure et le tient pour responsable du caractère unilatéral dans la gestion.

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