Le sit-in de solidarité avec S.Raissouni interrompu en raison de l’état d’urgence sanitaire

03 Juil 2020 à 21:28 Société
Le sit-in de solidarité avec S.Raissouni interrompu en raison de l’état d’urgence sanitaire

Le sit-in de solidarité avec le journaliste Soulaimane Raissouni, censé avoir lieu ce vendredi 3 juillet à 18h30 devant le Parlement à Rabat, a été interrompu par les forces de l’Ordre. La foule commençait à peine à se rassembler devant le siège de l’hémicycle, que les forces de l’ordre sont intervenues empêchant les cameramen de filmer et les journalistes de s’exprimer. 

Cause ? L’état d’urgence sanitaire lié à la propagation du coronavirus qui interdit tout rassemblement. Une « excuse pour que le sit-in n’ait pas lieu« , s’est insurgé le comité organisateur, composé notamment de journalistes et militants des droits humains, qui ont tous dénoncé une entrave à la « liberté d’expression« .

Wail Bourchachen, journaliste et militant des droits de l’Homme, également membre du comité organisateur a été surpris comme tout le monde de cette interdiction, « surtout que plusieurs protestations et sit-in ont eu lieu ces derniers jours dans plusieurs villes du Royaume« , souligne-t-il, évoquant le sit-in des avocats à Casablanca, ou encore le campement des chauffeurs de taxis blancs à Salé.

Photo Mounir Mehimdate

« Les autorités profitent de l’état d’urgence sanitaire, qui concerne tous les Marocains, pour interrompre un sit-in pacifique et dont les organisateurs sont très attentifs au respect des consignes sanitaires, et ils ont même souligné cela dans leur invitation au sit-in. A Rabat où on dit qu’il n’est pas possible d’organiser un sit-in à cause de l’état d’urgence sanitaire qui est toujours en vigueur, plusieurs sit-in ont eu lieu dans la région et dans d’autres grandes villes, notamment à Casablanca où il y a eu une immense protestation des avocats », met en avant le journaliste dans une déclaration à Hespress FR.

Et d’ajouter: « On a accepté la raison avancée par les forces de l’ordre, mais ça reste une excuse pour interrompre le sit-in et même la diffusion du communiqué du sit-in qui exprime l’opinion des organisateurs concernant l’injustice contre Soulaimane Raissouni, notamment sa détention préventive, et demande à tous, journalistes et militants, de se mobiliser pour qu’il soit poursuivi en état de liberté, qu’un procès équitable lui soit garanti ».

Photo Mounir Mehimdate

Présente lors de l’interruption du sit-in, Hajar Raissouni, journaliste à « Akhbar Al Yaoum » et nièce de Soulaimane Raissouni rejoint Wail Bourchachen sur les motivations derrière cette interruption. Interrogée par HespressFr sur l’état de son oncle et les conditions de sa détention, Hajar nous confie qu’il est « bien traité au sein de la prison et a droit à un seul appel par semaine, dont il profite pour appeler sa famille, notamment son épouse« .

Toutefois, dit-elle, « sa famille n’a toujours pas le droit de lui rendre visite, puisque les visites sont toujours interdites au sein des établissements pénitentiaires du Royaume, dans le cadre des mesures prises par les autorités pour limiter la propagation du coronavirus« .

Le journaliste et directeur de la rédaction du quotidien « Akhbar Alyoum », Souleimane Raissouni, a donc droit « à la visite de ses avocats uniquement qui rapportent que son dossier reste vide et ne comprend pas des preuves solides pour sa poursuite en état d’arrestation« .

Photo Mounir Mehimdate

Pour rappel, Soulaimane Raissouni avait été arrêté le vendredi 23 mai, quelques minutes avant la rupture du jeûne, devant son domicile à la métropole et placé en garde à vue.

Accusé par un jeune homme, originaire de la ville de Marrakech, d’agressions sexuelles, le journaliste a par la suite été déféré devant le juge d’instruction près de la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca, le 25 mai dernier, qui a décidé de le placer en détention préventive, conformément aux articles 152 et 153 de la procédure pénale, sous le chef d’inculpation de « viol avec violence et séquestration ».

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