Coronavirus : L’effet de la pandémie sur l’individu et la famille débattu dans « Les mardis du PCNS

02 Juil 2020 à 20:18 Culture
Coronavirus : L’effet de la pandémie sur l’individu et la famille débattu dans « Les mardis du PCNS

Dans le cadre de sa série hebdomadaire « Les Mardis du PCNS », le Policy Center for the New South a organisé un webinaire le mardi 30 juin 2020, sous le thème « L’effet de la pandémie de Covid-19 sur l’individu et la famille ». A titre de rappel le PCNS a été créé en 2014 à Rabat avec la participation de 40 chercheurs associés du Sud comme du Nord. L’émission a réuni donc un certain nombre de psychologues et d’experts sociaux et autres éminences afin d’expliquer la situation des individus et des familles en temps de crise.  

Les intervenants, Abdellatif Kedai, Abdellah El Alaoui, Jihad Binmoussa et El Mostafa Rezrazi, respectivement  chercheur en sociologie et doyen de la faculté des sciences de l’éducation à l’Université Mohammed V à Rabat, professeur de droit et de psychologie, psychologue et CEO d’InspireCorp et professeur et psychologue clinique se sont focalisés sur l’aspect social et psychologique des conséquences de la pandémie et du confinement en abordant un ensemble d’axes pour analyser les implications psychologiques, sociales et communicationnelles de cette pandémie.

Le doyen Abdellatif Kedai, a tout en déplorant l’ampleur des conséquences psychologiques et sociologiques de la pandémie sur l’individu au sein de la société, a expliqué que le conflit des rôles qui s’atténuait de sa pression à l’extérieur du domicile familial (en milieu scolaire ou espaces publics de loisirs sportifs, culturels etc.) a doublé d’intensité à l’intérieur du foyer. La maison devenant l’unique espace où l’on ses activités, pratiquait à chacun les siennes (scolaires, travail à distance, culture, sport etc, a rendu plus difficile sa gestion aussi bien pour les adultes que les enfants (parents enfants…).

Pour sa part, le professeur de droit et de psychologie Abdellah El Alaoui, a estimé que « ce stress pourrait se traduire par une croissance psychologique inégale chez les enfants. Compte tenu de l’aspect culturel ainsi que du niveau de conscience des individus, la communication avec l’enfant ne couvrira pas ses besoins au sein de la famille et dans le monde extérieur, ce qui entraînera un conflit de rôles et des difficultés à établir des priorités dans les tâches quotidiennes ».

Quant à Jihad Binmoussa, psychologue et CEO d’InspireCorp, elle a déclaré que « les jeunes de la nouvelle génération ont des sentiments et des émotions plus intenses, compte tenu de leur exposition quotidienne à la pression des plateformes de médias sociaux, ce qui les rend plus vulnérables à la dépression et à l’anxiété graves ». Ajoutant que ces variables se distinguaient par l’interaction sociale et la santé mentale de cette génération en temps de crise, « ce qui peut produire des comportements inhabituels. Enfin, le professeur et psychologue clinique ».

El Mostafa Rezrazi s’est lui penché sur la gêne que la pandémie a causé dans la vie quotidienne des individus, « provoquant une augmentation de la panique et de la peur, ce qui se reflète négativement sur les familles, en particulier sur les membres en situation difficile comme les addicts, les malades, les personnes en situation d’abus, etc ».

À la lumière de ces circonstances, il estime qu’une reconsidération des piliers d’une société qui croit aux valeurs de cohésion et de solidarité est indispensable pour réduire le taux de violence et la fragilité en temps de crise. L’expert insiste sur l’importance des services de conseil et de psychologie dans les écoles pour fournir des moyens d’adaptation et de résilience en cas de crise future.

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