Le Maroc en bon dauphin place 61 entreprises dans le Top 500 du continent

02 Juil 2020 à 16:21 Economie
Le Maroc en bon dauphin place 61 entreprises dans le Top 500 du continent

C’est dans un contexte proprement extraordinaire, celui de la crise mondiale du coronavirus, que Jeune Afrique a publié son classement des 500 premières entreprises africaines. L’effet dépressif de cette pandémie sur l’activité des sociétés pour 2020 et au-delà reste encore inconnu. Selon les estimations de la Banque africaine de développement (BAD) datant de mai, la crise liée au coronavirus (Covid-19) pourrait se traduire en 2020 par une chute de 0,7 % à 2,8 % du PIB continental.

Il s’agit d’une première depuis la récession de 1992, avec des impacts désastreux attendus, notamment sur les pays et entreprises exposés au cours des hydrocarbures qui se sont effondrés. Pour mesurer toute l’ampleur de la crise du coronavirus, il faudra du recul et attendre le classement de 2022 nous dit Jeune Afrique, car c’est à cette date que seront listés les comptes de 2020. Le palmarès que publie le magazine fait référence de ce principe, aux comptes de 2018. C’est donc une photographie, en situation économique « ordinaire », des grandes entreprises africaines, dix-huit mois avant le déclenchement d’une crise centennale.

Ce Top 500 est marqué par une légère baisse du chiffre d’affaires 2018 des entreprises, exprimé en dollars. Après le contre-choc pétrolier de 2015 et 2016 et les crises monétaires qui s’en étaient suivies au Nigeria et en Égypte notamment, les 500 étaient reparties nettement de l’avant en 2017. Ce qu’avait traduit un bond de 12,1 % des facturations du dernier Top 500 JA. Pour cette édition, ce cumul baisse de 2,55 %, en dépit d’un contexte plutôt favorable sur la période. Les entreprises leaders du continent ont vu leur activité marquer le pas en 2018, notamment en Afrique du Sud et au Nigeria.

L’Afrique de l’Ouest demeure la troisième région en nombre d’entreprises et en chiffre d’affaires. Mais ses entreprises s’affichent en petite forme. Les 150 premiers groupes régionaux voient leurs facturations progresser de seulement 3 %. De l’autre côté du continent, les groupes d’Afrique de l’Est continuent à prendre du poids dans notre classement. Les facturations des 150 premières entreprises de la région ont connu une hausse de 12,3%, à 27,2milliards de dollars. En témoigne le bond spectaculaire du leader de l’aérien Ethiopian Airlines (28e), qui gagne 24 places depuis l’édition précédente. L’Afrique centrale demeurant la région qui place le moins d’entreprises dans ce Top 500. Néanmoins, elle fait mieux que lors de l’exercice précédent, avec 3 entreprises de plus, soit 26 au total.

Le groupe algérien Sonatrach, reste de loin le champion du continent toutes catégories. il a vu son activité exprimée en billets verts bondir de 45%. A noter, par ailleurs, que la plupart des entreprises égyptiennes, à l’image d’Egyptair (87ème, soit un bond de 35 places), voient leur rang progresser, illustrant une forme de normalisation après les désordres monétaires puis inflationnistes de 2016-2017. L’Égypte, pour rappel, a enregistré une croissance de 5,6 % sur son exercice fiscal 2018-2019. De son côté, le Maroc demeure, après l’Afrique du Sud, le pays à placer le plus grand nombre d’entreprises (61), pesant 8,7 % du total du Top 500. Son champion, le groupe OCP (14e), progresse de onze places à la faveur d’un fort dynamisme commercial, notamment sur les engrais composés.

L’Afrique du Nord consolide sa deuxième place. Ses entreprises gagnent 4 points en matière de poids, avec 28 % du total des facturations. Mais l’effectif des acteurs classés évolue peu, avec seulement 3 entreprises de plus que l’an dernier, soit 142 au total. Ce chiffre était de 143 il y a deux ans. L’Algérie domine la région en matière de poids (10,3 %) grâce notamment à Sonatrach, et le Maroc en matière d’effectif (61 entreprises), second pays africain après l’Afrique du Sud.

Dans les cinquante premières entreprises africaines, l‘Afrique du Sud a réussi à placer la bagatelle de 36 dont Steinhoff International Holdings (3ème, bois et papier)  ou Eskom (Eau électricité et gaz) ainsi que des groupes de télécoms (MTN, Vodacom, Vodacom South Africa ou telkom…). Le Maroc vient en seconde position loin derrière avec cinq entreprises (OCP, Groupe Maroc Telecom (32ème), Al Mada ex SNI (33ème), ONEEP (38ème) et Afriquia SMDC (46ème).

L’Algérie et l’Egypte avec 3 entreprises chacune, respectivement Sonatrach, Société Nationale d’Electricité et de Gaz (39ème), et Naftal (43ème) pour la première et Suez Canal Authority (15ème), Orascom Construction (45ème) et Global Telecom Holding (49ème) viennent en troisième lieu. L’Angola (2ème) avec Sonagol (Energie) l’Ethiopie avec Ethiopian Airlines et le Nigeria avec MTN Nigeria complètent le groupe des sept pays qui se partagent le Top 50 du Top 500 des entreprises africaines.

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