Réouverture des salons de coiffure, Spa et Hammams: Les professionnels du secteur dans le flou total

25 Juin 2020 à 08:33 Société
Réouverture des salons de coiffure, Spa et Hammams: Les professionnels du secteur dans le flou total

À partir de ce jeudi 25 juin, plusieurs commerces rouvriront leurs portes aux citoyens après une fermeture qui a duré plus de 3 mois à cause de la propagation du nouveau coronavirus.

L’annonce a été faite par le ministère de l’Intérieur dans le cadre de la deuxième phase d’allègement du confinement et le retour progressif à la vie normale, tout en respectant les mesures de sécurité sanitaire par les citoyens.

Parmi les commerces concernés par cette réouverture, il y a les cafés et restaurants ainsi que les salons de coiffure, Spa et Hammams avec une capacité d’accueil ne dépassant pas les 50%.

Pour ces derniers il y a un énorme « flou » dans cette annonce qu’ils estiment « sèche » et qu’ils ont apprise, justement, à travers les médias. Pour Otmani Filali, patron d’un Spa à Casablanca qui s’est confié à Hespress Fr, aucune information sur les modalités de réouverture, n’a été donnée par les autorités aux professionnels du secteur.

Mais ce que ces derniers savent, c’est que la bavette est obligatoire pour tous, outre l’obligation de disposer d’un tapis stérilisant à l’entrée, de solutions hydroalcooliques au sein du lieu de travail et des séparations entre l’esthéticienne et la cliente dans la table de manucure. Des équipements qui coûtent cher dans une conjoncture de crise économique qui n’a pas épargné les salons, Spa et Hammams, dont les propriétaires  devront, également s’acquitter des factures qui se sont accumulées.

Pour ce qui est du Hammam, justement, et comment ça doit se passer à l’intérieur, aucune instruction n’a été donnée, sachant que le Hammam est partie intégrante de la culture marocaine.

« Il n’y a aucun document officiel qui détaille les modalités de réouverture, notamment les mesures sanitaires à prendre à l’entrée ou même à l’intérieur du salon ou du Hammam. Même pour les employés, on ne sait pas s’il faut qu’on les garde tous ou pas, ou encore s’il faut qu’ils fassent le dépistage avant ou pas. Plusieurs confrères, qui ont contacté le Mokadem pour demander une information sur le dépistage par exemple, donnent des versions différentes. Du coup, on ne sait plus qui croire. On est dans le flou total », nous dit notre interlocuteur.

Face à ce silence de la part des autorités compétentes, un groupement des patrons de salons et de Spa a lancé une pétition sur Internet pour exprimer le mécontentement des professionnels, bien avant l’annonce de la deuxième phase de deconfinement. Des lettres ont même été adressées au Wali de Casablanca pour demander des éclaircissements, mais sans réponse.

Pour ce qui est de l’obligation d’une capacité d’accueil ne dépassant pas les 50%, c’est aussi là une information très « ambiguë » pour les salons et Spa. « On n’a aucune idée sur comment ça va se passer. Pour mon cas, j’ai un grand salon, je peux me permettre donc de faire travailler toute l’équipe, et du coup tout le monde peut récupérer son poste après un chômage de 3 mois. Pour la clientèle, qui attend avec impatience l’ouverture des salons et Spa comme on l’a constaté sur les réseaux sociaux, on ne sait pas comment on va s’y prendre. On doit nous protéger et les protéger aussi contre le virus. Et c’est là une grande responsabilité », nous explique Otmane Filali.

Autre point important évoqué par notre interlocuteur et qui revient dans la boucle de plusieurs  professionnels du secteur, c’est le dépistage des employés. Conscient que le secteur privé a connu une grande campagne de dépistage lors de la relance économique il y a près d’un mois, Otmane Filali nous indique qu’ils ne savent pas si le test est obligatoire ou pas pour leurs employés et combien cela va leur coûter, alors qu’ils se battent à peine pour assurer la reprise de leur activité et l’achat des matériels de stérilisation. Selon lui, «c’est absurde». Pourquoi ?

« Supposons qu’un des employés a fait le test, qui s’est avéré négatif. Mais, une fois sorti, il peut choper le virus en prenant les transports publics, ou un taxi, en entrant en contact avec une personne infectée ou encore en touchant simplement n’importe quelle surface où se trouve le virus. Et du coup, on ne peut pas garantir que nos employés, même avec un test négatif, ne contracteront pas le coronavirus une heure après avoir fait le test», avance-t-il.

En gros, les patrons des salons, Spa et Hammam expriment les mêmes doléances et inquiétudes que les patrons de cafés et restaurants face à une réouverture qui s’annonce dans l’ambiguïté totale à tous les niveaux, tant pour eux, que pour l’opinion publique qui se pose les mêmes questions surtout en ce qui concerne la sécurité sanitaire.

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