Affaire Ilias Tahiri: Un collectif d’avocats et une fondation espagnole se saisissent du dossier

18 Juin 2020 à 08:32 Société
Affaire Ilias Tahiri: Un collectif d’avocats et une fondation espagnole se saisissent du dossier

Alors que le monde pleure la mort tragique de George Floyd, l’afro-américain tué par des policiers, les Marocains espèrent de leur côté, que justice soit rendue au jeune Marocain Ilias Tahiri, décédé dans le centre pour mineurs d’Oria en Espagne ,«Ginso», le 1er Juillet 2019, dans des conditions semblables à celles de G.Floyd.

Ainsi, un collectif d’avocats Marocains et d’hommes politiques, qui oeuvrent pour rendre justice à Ilias Tahiri, ainsi que la Fondation espagnole, Ibnou Batouta, dont le président n’est autre que le parlementaire espagnol d’origine Marocaine, Mohamed Chaib, se sont constitués partie civile dans cette affaire, auprès de la famille de la victime.

La plainte judiciaire déposée le 15 juin courant par ce collectif, et dont Hespress Fr détient une copie, a été adressée au juge d’instruction de Purchena, à Almeria, pour la réouverture de l’enquête judiciaire, clôturée par le juge en charge de l’affaire à l’époque, et qui avait conclu au «décès brusque accidentel », et non pas à  une « mort par asphyxie suite à une violence« .

 «En tant que partie civile dans cette affaire, et selon les données dont nous disposons, nous avons porté plainte pour la réouverture de l’enquête. Il y a également les dernières déclarations de la mère d’Ilias, qui a des doutes des circonstances de sa mort. Elle estime que son fils pourrait être déjà avant même d’arriver à la chambre où on l’a vu allongé, surtout que dans la vidéo, Ilias n’a manifesté aucune forme de résistance», nous explique Maître Mourad Elajouti, membre du collectif des avocats pour la justice d’Ilias Tahiri.

Parmi les détails importants dans l’affaire Ilias Tahiri soulevés par le jeune avocat, il y a premier rapport de l’autopsie réalisée sur le corps de la victime. Dans sa déclaration à Hespress Fr, Me Elajouti nous explique que l’autopsie a montré des signes d’asphyxie, d’arythmie cardiaque et de violence sur son corps. Toutefois,  notre interlocuteur souligne que «lorsqu’ils ont clôturé l’affaire, ils ont parlé juste d’arythmie cardiaque et supprimé l’asphyxie, qui prouve qu’il y a eu violence qui a provoqué la mort. Mais le juge d’instruction en charge avait jugé l’affaire autrement» .

Autre donnée qui nous a été dévoilée par l’avocat, concerne le directeur du centre pour mineurs où Ilias a été tué, et qui était présent lors de l’agression. Selon Me Elajouti, «le directeur du centre pour mineurs a présenté sa démission le 5 juin, soit quelques jours avant la publication de la vidéo [9 juin]», notant que «la vidéo circulait une semaine avant le 9 juin». Cependant, l’avocat souligne que si l’enquête démontre son implication dans le meurtre d’Ilias, il sera en effet arrêté et poursuivi.

In fine, Me Elajouti avance que le problème qui se pose aujourd’hui, est que l’affaire d’Ilias Tahiri n’est pas un cas isolé.

Tout en soulignant ce même centre pour mineurs, «Ginso», a connu plusieurs incidents similaires, il rappelle un autre cas qui remonte à 2011, et qui concerne le décès d’un autre jeune homme d’une autre nationalité, dans les mêmes circonstances que celles d’Ilias Tahiri.

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