Palestinien autiste, abattu par Israël à Al Qods : Les faits

31 Mai 2020 à 17:38 Monde
Palestinien autiste, abattu par Israël à Al Qods : Les faits

La mise à mort d’un Palestinien autiste par la police des frontières israélienne est apparenté aux violences policières racistes américaines et dont les manifestations n’ont de cesse de secouer les Etats-Unis. Toujours est-il que ce d’aucuns considèrent comme une bavure, cause de vives réactions aussi bien en Israël qu’en Palestine.

Le Premier ministre d’alternance et ministre de la Défense Benny Gantz a exprimé, dimanche, son chagrin suite à la fusillade qui a tué un Palestinien originaire d’Al Qods-Est atteint de troubles autistiques et qui était lui-même désarmé. Les agents de police ayant ouvert le feu avaient bafouillé l’explication qu’ils avaient cru voir une arme. « Nous sommes désolés de l’incident au cours duquel Iyad Halak a été mortellement blessé par balle et nous partageons le chagrin de la famille », a déclaré Gantz en ouverture du conseil des ministres. « J’ai la certitude que ce dossier fera l’objet d’une enquête rapide et que des conclusions pourront être tirées ». Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui présidait la réunion, n’a pas fait de commentaires.

Iyad Halak, 32 ans, est mort dans la Vieille Ville d’Al Qods, samedi matin. Les policiers ont indiqué avoir cru qu’il portait une arme. Halak était en réalité désarmé et il n’a apparemment pas compris les ordres des agents qui lui demandaient de s’arrêter alors qu’il passait aux abords de la porte des Lions sur l’Esplanade des mosquées. Il se serait ensuite enfui, à pied, et il se serait caché dans un local à poubelles, où il a été abattu. Les policiers interrogés ont fait des récits contradictoires des événements. Le commandant a déclaré aux enquêteurs avoir demandé à ses subordonnés de cesser le feu, un ordre qui n’aurait pas été suivi, par l’agent mis en cause, une nouvelle recrue qui a démenti le récit du commandant. L’agent soupçonné du tir mortel a été assigné à résidence et son commandant est sorti de détention. Les témoins ont fait état d’au moins sept tirs. Voilà pour les faits selon Times of Israël.

Il s’est avéré que le suspect était un Palestinien de 32 ans, désarmé et souffrant d’autisme, Iyad Halak, il vivait à dans un quartier d’Al Qods-Est, avec ses parents. Dans la foulée de sa mort, la Vieille ville a été entièrement bouclée pour quelques heures. Une vingtaine de policiers et d’officiers du Shabak, le renseignement intérieur, se sont rendus à son domicile à la recherche de matériel compromettant, en vain. Frustrés ils ont même traité sa sœur de « pute » selon son père. Le jeune homme supportant mal de rester dans l’appartement après des semaines de confinement, s’était rendu dans la Vieille ville d’Al Qods avec l’espoir de trouver ouvert, l’établissement spécialisé où il recevait des soins. C’est là qu’il a été abattu, abrité derrière une benne à ordures. A la main, point de pistolet, mais un simple téléphone portable.

Dans le communiqué officiel de la police israélienne on faisait allusion à une « neutralisation » en lieu et place « d’exécution » pour ne pas dire « crime de guerre » (le 21ème depuis le mois de janvier), comme l’ont annoncé les caciques du Fatah et du Hamas. Ce crime intervient, au moment où le monde a les yeux braqués vers l’Amérique embrasée par le sort de George Floyd. L’onde de choc est bien supérieure à la relative indifférence qui suit ce genres d’assassinats de Palestiniens en Israël. Aussi des deux côtés on a aussitôt mis des liens avec la tragédie américaine.

A Al Qods quelques centaines d’activistes se sont rassemblées samedi soir derrière des banderoles empruntant au vocable militant afro-américain : «Palestinian Lives Matter», «Justice for George, Justice for Iyad», «From the Old City to the Twin Cities» («De la Vieille ville à aux Villes jumelles», surnom de Minneapolis). Ces militants dénoncent depuis des mois un regain de violences policières à Al Qods-Est, ainsi qu’une culture de l’impunité au sein de la police locale. «Les policiers ont appuyé sur la détente, mais l’occupation a chargé leurs armes», a commenté Ayman Odeh leader des députés arabes qui se veut être le troisième homme politique en Israël. « La mort d’une jeune personne en situation de handicap brise le cœur, et tout Israël est en deuil, a réagi sur Twitter le chef de l’opposition à la Knesset, le centriste Yaïr Lapid.

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