Covid-19/Maroc: Pétition pour une stratégie publique de la culture et de l’art

27 Mai 2020 à 16:24 Culture
Covid-19/Maroc: Pétition pour une stratégie publique de la culture et de l’art

La propagation du Coronavirus a mis à mal plusieurs secteurs d’activité notamment celui de l’art et la culture. Face à un confinement imposé, les amoureux de l’art et la culture ou encore les professionnels du secteur, se sont retrouvés dans l’incapacité de réaliser leurs activités ou se défouler en se rendant au cinéma ou encore au musée pour savourer les pièces artistiques. 

Ainsi, la Confédération Marocaine des organismes artistiques et culturels professionnels (CMOACP) a lancé une pétition pour la mise en place d’une stratégie publique de la culture et de l’art à destination de l’opinion publique, intellectuels, artistes, politiciens, parlementaires et partis politiques.

La pétition, qui a rassemblé jusqu’a présent plus de 500 signatures, rappelle que la « culture constitue un droit vital, elle est le fondement de la liberté d’expression, l’intégrateur de la diversité et réducteur des inégalités entre les communautés et les peuples. Elle est par ailleurs, un moyen de partage efficace qui pondère les grands enjeux sociétaux grâce à son aptitude à déclencher des réponses cognitives et affectives à même de fédérer avec force et intensité ».

Au-delà du rôle qu’elle joue dans le développement personnel, l’organisme indique que la culture est de plus en plus considérée comme un moteur de croissance économique, rappelant ainsi que l’industrie créative à la plus forte croissance au monde, avec une valeur estimée à plus de 6 % de l’économie mondiale avec un effectif de plus de 30 millions de personnes.

S’agissant du Maroc, la confédération souligne que l’absence d’une vision stratégique pour le secteur de la culture et de l’art, la multitude et la dispersion des acteurs, la modestie du budget du département de la culture qui ne représente que 0,25% du budget de l’Etat, la modicité des fonds alloués par les différents bailleurs de fonds, estimés à un peu plus d’un milliard de dirhams par an, la répartition inégale des infrastructures culturelles, la fragilité de l’écosystème culturel artistique sont des obstacles qui persistent et empêchent le secteur d’exploiter pleinement son potentiel et dissuadent souvent les investisseurs potentiels de s’engager dans des projets à long terme, limite la participation active à la culture, des personnes économiquement, socialement vulnérables et retardent par conséquent l’émergence d’une véritable industrie culturelle et créative nationale.

Mais pas que ! Dans a pétition, la confédération assure que malgré la précarité des emplois et des revenus incertains, les industries du secteur de la culture et de la création représente des milliers d’emplois au Maroc, notamment dans les sous-secteurs de la musique, du théâtre, de l’audiovisuel, du cinéma, des arts plastiques et graphiques, des services et de toutes les activités y afférentes.

Côté économique, la confédération indique dans sa pétition que l’économie de ces industries a représenté en Afrique et au Moyen Orient, au cours de ces cinq dernières années une employabilité représentant plus de 2,5 millions de postes et un budget estimé à 3% de la totalité des revenus de ces industries au niveau mondial.

« C’est dans ce contexte, que l’économie culturelle et créative au Maroc contribue au bien-être général, à l’estime de soi et à la qualité de vie des individus, contribuant ainsi à un développement durable et
inclusif. D’ailleurs, la pandémie Covid-19 qui a frappé et paralysé la planète entière a démontré à toutes et à tous, que la culture et l’art se sont révélés essentiels à la santé mentale, psychologique, affective, morale et comportementale, ainsi qu’une véritable thérapie sociétale qui nous aide quotidiennement à dépasser le stress de notre confinement
» soulève l’organisme culturel dans sa pétition.

C’est pour cette raison, que la Confédération considère, à travers ça pétition, que « les politiques publiques doivent être repensées et réorientées vers les secteurs qui ont démontré leur utilité et leur disponibilité pour la sécurité et le bien-être de notre société en temps de paix comme en temps de crise ».

« C’est pourquoi l’art et la culture doivent aujourd’hui disposer, comme les secteurs considérés comme primordiaux, d’une stratégie visionnaire qui repose sur une approche à la fois économique, sociale, éducative, législative, réglementaire et inclusive, et qui œuvre pour la mise en place d’un écosystème propice à son développement et à sa démocratisation spatiale » indique la confédération.

Par ailleurs, la Confédération Marocaine des organismes Artistiques et Culturels professionnels, dit être «très préoccupée » des conséquences prévisibles de la  pandémie Covid-19 sur notre présent et notre avenir, en raison de la fragilité de nos modèles économiques.

« Nous femmes et hommes, acteurs dans le domaine de l’art et de la culture, sommes très inquiets des conséquences sociales et économiques, face à l’impact et aux conséquences que nous sommes en train de vivre et ce ; depuis la mise en place du dispositif du confinement si nécessaire, mais aussi si contraignant » écrit-elle.

Et c’est dans cet esprit, et à travers cette vision, que la Confédération Marocaine des organismes Artistiques et Culturels professionnels appel tous les acteurs de la culture et de l’art à les rejoindre pour demander, d’une seule voix solennelle, au gouvernement, au Parlement, aux partis politiques, aux collectivités locales, aux sponsors et bailleurs de fonds, à reconsidérer sans tarder, leur perception et leur politique envers le secteur de l’art et de la culture, afin de renforcer les assises de son écosystème qui génère, selon la confédération, une valeur matérielle et immatérielle inestimable et inégalée.

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