Record de morts au quotidien au Brésil, le coronavirus hors de contrôle

22 Mai 2020 à 19:30 Monde
Record de morts au quotidien au Brésil, le coronavirus hors de contrôle

Le coronavirus progresse de façon alarmante en Amérique latine enregistrant une progression inexorable de la pandémie et particulièrement au Brésil, où le seuil des 20.000 morts vient d’être franchi. Une situation non sans de terribles conséquences en termes d’économie et d’emploi en plus de celui de la santé de la population. Le Brésil a donc atteint, jeudi 21 mai 2020 le cap des 300 000 cas (300 087), et 20 047 (+ 1.188 décès au cours des dernières 24 heures), selon des données du ministère de la Santé qui confirment l’accélération de la pandémie.

La communauté scientifique les médias du pays estiment que le bilan réel de la pandémie est sous-évalué et affirment qu’il est nettement plus élevé, peut-être de 15 fois en ce qui concerne en tous cas, les contaminations. Avec 57% des morts déplorés sur le continent (35.000), le Brésil est de loin le pays le plus touché d’Amérique latine. Le nombre de morts y a ainsi doublé en seulement 11 jours selon le département de la Santé qui en est à son troisième ministre en deux mois.

C’est un coup dur pour l’économie, l’emploi et la santé de la population du Brésil voire du continent où l’on prévoit une hausse de 12 millions de chômeurs cette année. Au Brésil pays de 210 millions d’habitants dans les cimetières des deux grandes villes, comme Rio et Sao Paulo, les fossoyeurs ne font qu’accélérer les cadences avec le nombre quotidien qui désormais dépasse la barre psychologique des mille morts (1 188 décès, record absolu atteint ce jeudi alors qu’il était deux jours auparavant mardi de 1 179).

L’Etat de Sao Paulo, capitale économique et culturelle du Brésil, reste de loin le plus touché par la pandémie, avec environ un quart des morts 5558 jeudi. Celui de Rio de Janeiro, où la progression du coronavirus s’est particulièrement accélérée ces derniers jours, est le deuxième foyer du pays, avec 3 412 morts. Dans ces deux Etats, les services de soins intensifs hospitaliers sont pratiquement saturés tandis que les hôpitaux de campagne s’installent avec retard ou très lentement.

En dépit de cette propagation intense du virus, le président Jair Bolsonaro, un « coronasceptique » endurci a encore appelé jeudi à une reprise de l’activité, au nom du sauvetage d’une économie promise à une grave récession. Cette insistance du président brésilien pour le retour au travail et la relance de l’économie crée depuis le début de la crise sanitaire de fortes tensions avec les gouverneurs des Etats brésiliens. Réunis pour une visioconférence jeudi, le président et les gouverneurs ont tenté de calmer leurs ardeurs, en essayant d’accorder leurs violons pour le mieux, face à ce fléau hors de contrôle au Brésil.

Le taux de confinement, mesuré à partir du signal des téléphones mobiles, est en baisse constante au Brésil depuis un mois. Cela est dû à la remise en cause par le président d’extrême droite des mesures restrictives prises par les gouverneurs des Etats. Autre facteur aggravant, la façon légère de respecter le confinement au Brésil qui explique le taux élevé de la mortalité chez les jeunes (le plus haut au monde).

Il y est bien plus élevé qu’en Europe ou aux Etats-Unis (31 % de moins de 60 ans contre 5 % en moyenne). Une tendance que l’on retrouve notamment chez les plus pauvres, qui ont plus de mal à respecter les règles de distanciation sociale. « Comme notre population est plus jeune, c’est normal que le pourcentage de morts soit plus élevé, mais c’est aussi dû au fait que ces jeunes adultes respectent moins les mesures de confinement », a indiqué à l’AFP Mauro Sanchez, épidémiologiste de l’Université de Brasilia.

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