Benchaaboun : Le Maroc perd 1 milliard dhs par jour de confinement

Benchaaboun : Le Maroc perd 1 milliard dhs par jour de confinement

Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Réforme administrative, Mohamed Benchaaboun a, à travers un exposé au Parlement devant la Chambre des conseillers, répondu aux questions posées par les équipes et groupes consultatifs concernant les « Mesures financières et économiques pour faire face à la crise résultant du coronavirus Covid-19 dans notre pays ».

Tirant les enseignements des deux mois après la déclaration de l’état d’urgence et l’application de la quarantaine, l’argentier du Royaume a indiqué « que notre pays a pu, grâce à la vision perspicace du Roi, donner un exemple universellement salué, au niveau de la préemption en anticipant les risques et conséquences résultant de cette crise ». La rapidité et l’efficacité dans la prise de décisions ont épargné au Royaume les grandes pertes sur le plan humain que des pays plus grands et plus développés n’ont pu éviter.

Les mesures prises en vertu des directives royales dans le cadre du Comité de veille économique ont eu un impact positif sur le niveau d’instauration de la confiance, renforçant la résilience des secteurs et des entreprises touchés, préservant ainsi les emplois et le pouvoir d’achat des familles qui ont perdu leur moyen de subsistance à cause de cette crise du coronavirus (Covid-19), a-t-il dit.

Axant sa présentation sur plusieurs volets, il a donné en premier lieu des clarifications concernant les plaintes de certains citoyens travaillant dans le secteur informel. « L’aide financière décaissée du fonds de gestion de la pandémie de Corona est destinée aux chefs de famille qui ont perdu leur revenu en conséquence », a indiqué le ministre, avant de poursuivre que « les cartes Ramed ont été utilisées uniquement comme base de données pour faciliter le ciblage des familles éligibles ».

Benchaaboun a en outre fait noter qu’à partir du jeudi 21 mai, au niveau du portail www.tadamoncovid.ma, les plaintes seront reçues et elles seront entièrement traitées après les vérifications nécessaires entre tous les secteurs gouvernementaux concernés.

Secundo : Pour ce qui est de la capacité de l’économie nationale à faire face à la crise, le ministre a souligné à cet égard que les fondements de l’économie nationale ont connu des changements structurels au cours des deux dernières décennies qui ont contribué à renforcer ses capacités à absorber les chocs et à consolider sa solidité face aux crises grâce aux réformes structurelles et sectorielles que le Royaume a lancées sur les instructions royales.

La crise liée à la pandémie de Covid- 9 est intervenue à un moment où l’économie nationale se trouvait en état d’affermir ses fondements macro-économiques et la recréation de marges dans ce domaine en accélérant les réformes structurelles. « Il ne fait aucun doute que les mesures de soutien prises jusqu’à présent dans le cadre du Comité de veille économique, sous la supervision directe du Roi, contribueront à atténuer les dommages causés aux secteurs touchés et à soutenir le pouvoir d’achat des citoyens, en particulier ceux qui ont perdu leur source de revenus au cours de cette période ».

D’autre part, il convient de souligner que le Maroc, comme la plupart des pays, a été fortement affecté par les répercussions de la crise sanitaire sur les plans économique et financier, comme en témoigne un ensemble d’indicateurs économiques. Sur la base des données disponibles pour les quatre premiers mois de l’année 2020, une baisse significative des exportations a été enregistrée de -61,5% contre – 37,6% par rapport aux importations.

Les secteurs d ‘exportation les plus touchés sont les filières d’activités industrielles liées aux chaînes de valeur mondiales comme le secteur automobile dont les exportations ont baissé de -96 % En avril contre – 86% en mars, les industries aéronautiques (-81 % en avril contre -52 % en mars), l’électronique (-93 % en avril contre -51 % en mars), les textiles et vêtements (- 86,5% en avril contre -40% en mars), alors qu’une évolution positive des exportations et dérivés de phosphate a été enregistrée (+ 14% en avril).

En outre, le ralentissement de l’activité économique s’est également reflété de manière notable dans le développement des recettes touristiques, qui ont baissé de 60% en avril, portant le taux de déclin au cours des quatre premiers mois de cette année à – 15%.

Selon la même tendance, une baisse sensible des envois des transferts fonds marocains et l’étranger a été enregistrée au cours du mois d’avril de – 30% et -11 % au cours des quatre mois de l’année en cours. Tous ces indicateurs économiques reflètent clairement la gravité de l’impact de la crise sur un groupe de secteurs et d’activités économiques.

Au total, deux mois de quarantaine devraient coûter à l’économie marocaine 6 points de croissance du PIB pour l’année 2020, ce qui signifie perdre 1 milliard de dirhams par jour de confinement. Et la perte aurait été plus importante sans le soutien financier fourni par le Fonds spécial pour la lutte contre la pandémie. Sur le plan budgétaire, le ralentissement économique devrait entraîner un manque à gagner de 500 millions de dirhams par jour au cours de la période de quarantaine.

Tercio : En ce qui concerne les mesures qui seront prises pour « rétablir l‘activité économique et pour un décollage post-crise idoine de notre économie » a souligné Mohamed Benchaaboun, « la crise que le monde connaît aujourd’hui est sans précédent et que ses impacts économiques et sociaux seront graves pour le monde entier. Le monde en sera inévitablement différent.

Le Maroc, a rapidement su prendre les mesures nécessaires et urgentes afin de protéger ses citoyens, en créant un fonds pour gérer la pandémie. Pour faire face aux premiers effets de cette crise sans précédent sur le plan économique et social, l’intervention du gouvernement à travers le Comité de veille économique a été rapide et efficace dans l‘adoption et la mise en œuvre des décisions, afin d‘activer les directives royales à cet égard.

La commission s’est concentrée sur l’élaboration d’un plan ambitieux de relance de l’économie nationale, qui constituera inévitablement un levier important permettant en parallèle, de suivre le retour progressif de différents secteurs de l’économie nationale, et fournir les conditions d’une reprise économique prometteuse et intégrée. Le Comité de veille économique a décidé de revoir le mécanisme de « garantie oxygène » et de le rendre plus flexible, tout en améliorant les conditions d’obtention de financements pour reprendre l’activité , au profit de TPE, PME et ETI.

Il sera également prolongé jusqu’au 31 décembre 2020 et aucune garantie ne sera désormais requise. Quant aux contrats qui réalisent un chiffre d’affaires de plus de 500 millions de dirhams, ils seront intégrés dans un mécanisme approprié pour financer sa reprise. Un comité composé du Ministère de l‘économie et des finances et de la réforme administrative, de Bank Al-Maghrib et de l’Union générale des marchés marocains et du Groupe professionnel des banques marocaines est consacré à la définition des mécanismes et des procédures opérationnelles de ce mécanisme.

Le Comité de veille économique a également examiné la situation des institutions et des marchés publics (EEP). À cet égard, il a été convenu de créer un fonds de garantie spécial qui permettrait aux institutions touchées par la pandémie de COVID- 9 d’accéder aux nouvelles ressources financières nécessaires pour renforcer leurs capacités de financement permanentes, assurant ainsi une croissance forte et durable de leurs activités.

Il est certain que la croissance économique de notre pays sera affectée par cette crise et sera également affectée par la baisse de la valeur ajoutée du secteur agricole due au manque de précipitations et à son irrégularité. Les ressources du Trésor devraient également diminuer considérablement. Par conséquent, les hypothèses sur la base desquelles la loi de finances pour 2020 a été élaborée devraient être revues et un projet de loi de finances révisé préparé.

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