PL 22.20 : Le parti de la rose au bord de l’implosion ?

12 Mai 2020 à 12:04 Gouvernement
PL 22.20 : Le parti de la rose au bord de l’implosion ?

L’impopularité du projet de loi 22.20 sur l’utilisation des réseaux sociaux, s’immisce dans les rangs mêmes de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), le parti dont est issu le ministre à l’origine du texte, Mohamed Benabdelkader.

Plusieurs membres du bureau politique du parti de la rose ont, en effet, pris leurs distances par rapport à ce projet de loi qui a fait polémique dans plusieurs milieux, poussant le gouvernement à en ajourner l’examen au moins jusqu’à la fin de la période d’urgence sanitaire dans le pays.

C’est dans ce sens que Hassan Nejmi, membre du bureau politique de l’USFP, aux côtés de 10 autres, ont adressé une lettre du Premier secrétaire du parti, Driss Lachgar, où ils demandent, ni plus ni moins, une démission de Benabdelkader, ou au moins le gel de son adhésion au parti.

Dans cette lettre, les signataires, à savoir Essadia Bensahli, Mina El Talbi, Rihhab Hanane, Chokrane Amam, Abdelhamid Fatihi, Jaouad Chafik, Younes Moujahid, Abdelmaksoud Rachdi, Mohammed Mellal, Salah El Manouzi et Hassan Najmi, réclament une réunion en urgence de l’instance dirigeante.

Entre temps, Hassan Nejmi, qui ne cache plus son opposition à la direction de la Rose, précise dans un post sur sa page Facebook, que le premier secrétaire du parti l’avait écarté (avec Abdelmaksoud Rachdi), dans un premier temps, des débats du bureau sur un groupe WhatsApp dédié (confinement oblige !), avant d’être réintégré, pour avoir comme seule et unique réponse à la requête-réquisitoire contre Benabdelkader, un non catégorique du premier secrétaire.  Cette démarche, explique Hassan Nejmi avait pour finalité de « sauver la réputation de l’USFP ».

Et d’ajouter que «la base militante du pari ne sait rien de ses guerres intestines au sein même du bureau politique », pour mieux enfoncer le clou « Nous ne sommes pas tous, au bureau politique, d’accord avec le point de vue du premier secrétaire ou de Mohamed Benabdelkader (…) car le projet de loi en question ne reflète en aucun cas les principes et le crédo de l’USFP, encore moins son passé et son histoire de militantisme, écrite en lettres d’or par ses martyrs».

Tout en assurant que Lachgar et Benabdelkader « assument seuls la responsabilité du texte-polémique », Hassan Nejmi estime que « le refus de donner suite à une requête (pour la tenue d’une réunion du bureau politique) du tiers de l’instance, est un manque respect pour nous et une irresponsabilité avérée ».

Il appelle à cet égard, le « sage » du parti, Abdelouahed Radi, à réunir la commission nationale d’arbitrage et d’éthique pour statuer sur ce qu’il appelle un « dérapage », de même qu’il invite le président du conseil national du partir, Habib El Malki à agir « pour sauver l’USFP».

Pour rappel, Mohamed Benabdelkader, seul ministre USFPiste du gouvernement Otmani, a demandé, il y a une semaine, le report de l’examen de ce projet de loi 22.20 sur l’utilisation des réseaux sociaux, expliquant qu’une telle démarche «émane de notre souci de faire en sorte que la version définitive du projet soit en conformité avec les principes constitutionnels et qu’elle puisse consolider les acquis de notre pays en matière de droits de l’Homme».

Toutefois, la discussion autour du texte s’annonce d’ores et déjà houleuse. Les premiers feux auxquels le ministre de la justice devra faire face seront des tirs amis, le groupe parlementaire du parti ayant annoncé sa décision de ne pas soutenir le projet lors de son examen à l’hémicycle.

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