COVID-19/Maroc: L’ASMEX livre un constat alarmant sur le secteur de l’export 

21 Avr 2020 à 20:02 Economie
COVID-19/Maroc: L’ASMEX livre un constat alarmant sur le secteur de l’export 

La pandémie du coronavirus (Covid-19) a engendré une crise économique réelle à l’échelle mondiale. Et le Maroc n’y a pas échappé. Plusieurs secteurs ont vu leurs activités marquer un arrêt total ou partiel, après l’instauration de l’état d’urgence sanitaire. Et le secteur de l’import et export en fait partie.

Lors d’une visioconférence, le Comité stratégique de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX), élargi à d’autres membres du bureau exécutif, s’est enquis de l’évolution des exportations en cette période de pandémie et a proposé plusieurs mesures pour accompagner ses membres et minimiser une partie des risques.

Dans un premier temps, le comité de l’ASMEX indique que les constats sur l’export sont « alarmants », soulignant que plusieurs secteurs sont à l’arrêt en raison notamment de la demande en Europe, principal marché des exportations nationales, mais que la demande reste néanmoins soutenue sur les USA, en particulier à travers les grandes surfaces et la vente en ligne.

En livrant un état des lieux de l’ensemble des secteurs au Royaume, l’ASMEX fait noter que les secteurs des BTP, l’automobile, l’industrie électrique et mécanique et le textile sont également à l’arrêt et que les industriels du fast-fashion essaient de compenser leurs pertes par la production de masques subventionnés par l’Etat. Mais le comité estime que cela est loin d’éponger les dégâts de la pandémie sur le secteur.

S’agissant de l’industrie pharmaceutique, l’ASMEX fait savoir qu’elle est soumise aujourd’hui et plus que jamais à des autorisations pour exporter, notant que seuls les secteurs des produits alimentaires et des produits de la mer semblent tirer leur épingle du jeu.

Concernant ces deux derniers secteurs, le comité indique qu’ils continuent à exporter malgré les perturbations des chaînes logistiques mondiales, mais note par ailleurs que plusieurs restrictions ont été faites pour l’exportation de produits de base afin d’alimenter le marché local en priorité.

Ce contexte défavorable, comme le décrit le comité stratégique de l’ASMEX, est accentué par l’augmentation du taux de changes du Dirham face à l’Euro et le Dollar sans qu’aucune décision ne soit prise à cet effet par la Banque Centrale.

Selon Hassan Sentissi Idrissi, président de l’association, « plusieurs faillites sont à prévoir dans les jours qui viennent si des mesures concrètes et spécifiques au secteur ne sont pas prises d’urgence ».

Autres constats préoccupants soulevés par l’ASMEX, c’est que les entreprises ont de plus en plus de mal à maintenir leurs emplois, les retards de paiement des clients perturbent significativement leur trésorerie et l’accès au financement et à l’assurance est de plus en plus compliqué.

Le comité stratégique de l’association estime que les aides mises en place par l’Etat pour aider les entreprises impactées, « bien qu’elles soient encourageantes » assure-t-il, « sont loin d’être suffisantes et les banques restent frileuses en matière de financement (trésorerie, matières premières …) et de couverture des risques pour soutenir les exportateurs, notamment les PME et les TPE ».

Considérant que le secteur de l’export est un « véritable levier de croissance de l’économie nationale », l’ASMEX estime que le secteur présente plusieurs particularités qui gagneraient à être prises en compte dans la gestion de la crise et dans la préparation de la sortie de crise. Son président considère que  « le problème de l’export ne semble pas préoccuper les autorités publiques » et juge bon de l’intégrer dans le CVE.

« Il est vraiment dommageable de ne pas intégrer l’ASMEX dans le Comité de Veille Economique afin de prendre en considération les contraintes particulières des exportateurs telles que les turbulences et les coûts logistiques, le risque de changes, le financement, l’assurance (…) Nous avons envoyé plusieurs courriers aux ministères de l’Economie et des Finances, du Commerce et de l’Industrie et à la primature pour rétablir la situation, nous attendons leur réponse », a souligné Hassan Sentissi Idrissi.

Pour le président de l’ASMEX et tous les membres du bureau qui ont pris part à la visioconférence, « il est évident que la crise du Covid-19 impose dès à présent une réflexion stratégique pour adapter notre dynamisme économique aux nouvelles exigences du commerce international ».

Ainsi, l’association a annoncé la création d’un groupe de travail et a mis en place les dispositifs nécessaires pour « assurer le suivi de la situation dans le secteur et s’inscrit ainsi en tant que cellule de veille et force de proposition pour le gouvernement pour prévenir les impacts du Covid-19 et préparer la sortie de crise ».

De même, l’ASMEX fait savoir que plusieurs mesures ont été mises en avant et des réunions sont sollicitées avec Bank Al Maghrib, le groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), les assurances, la Caisse Centrale de Garantie et différents partenaires.

Des visioconférences par thématiques sont également prévues avec la participation des partenaires de l’administration et des institutions publiques dans le but de « sortir avec des recommandations et des réponses urgentes qui permettront d’accompagner le secteur et de recenser des opportunités à saisir pour sortir de la crise avec un minimum de dégâts » assure l’association.

In fine, l’ASMEX indique que d’ores et déjà, une première réunion avec la Société Marocaine d’Assurance à l’Exportation est prévue demain, mercredi 22 avril 2020, et souligne que d’autres réunions suivront.

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