Dépassement du plafond des emprunts extérieurs: Bouanou ne « comprend pas » le vote « contre » de Balafrej

07 Avr 2020 à 17:06 Parlement
Dépassement du plafond des emprunts extérieurs: Bouanou ne « comprend pas » le vote « contre » de Balafrej

Le ministre de l’Economie et des finances a présenté ce mardi à la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants, son projet de décret-loi 2.20.320 relatif au dépassement du plafond des emprunts extérieurs. Mis à part le député FGD Omar Balagrej, tous les membres de ladite Commission ont voté pour le texte de loi du gouvernement. 

Le vote d’Omar Balafrej contre la permission au gouvernement de dépasser le plafond du financement extérieur des emprunts fixé par la loi de finances 2020 a été visiblement mal apprécié par ses collègues de la Commission, son président PJD Abdellah Bouanou en tête.

Le député-maire de Meknès est allé même jusqu’à déclarer à Hespress que « voter contre une loi qui permettra au Maroc d’acheter des fournitures médicales, du blé, du carburant, relève de la surenchère inutile », ajoutant dans son offensive contre le député FGD que le vote de ce dernier « fait tomber le masque de certains ».

Abdellah Bouanou se dit également convaincu que la décision d’Omar Balafrej de voter contre ce texte de loi « relève du buzz, bien qu’il appelle dans toutes ses interventions à donner la priorité au secteur de la santé« .

Selon le président de Commission qui n’a vraisemblablement pas accepté qu’un membre sorte du consensus du vote à l’unanimité d’un projet de décret-loi, « les priorités en matière de santé passent par l’acquisition de nos besoins à l’étranger, qui nécessite des crédits supplémentaires en devises étrangères et qui ne proviendront que de l’emprunt ».

Abdellah Bouanou poursuit en disant que « certains se considèrent comme seuls à comprendre et à défendre le secteur de la santé, et fournissent toujours de fausses informations à cet égard« . Il accuse ouvertement le député FGD d’« avoir voté contre un décret de l’Etat marocain, et de s’opposer grandes orientations du Royaume ».

Pour justifier son vote qui ne prend, à priori, pas en compte les critiques de son président de Commission, le principal intéressé, Omar Balafrej, estime que le pays « ne vit pas un moment d’exception constitutionnelle », et que « les institutions fonctionnent normalement et devraient continuer ainsi ».

L’élu d’opposition s’interroge plutôt sur les « vraies raisons pour lesquelles le gouvernement a recours à l’emprunt extérieur ? »

Avant de voter pour pour le rejet du décret-loi soumis par le ministre Benchaâboun, Balafrej s’est demandé si l’emprunt servira à acquérir des équipement de santé.

Il a demandé en conséquence la fourniture de données statistiques aux députés avant de décider du vote.
« Nous avons suffisamment de devises », a-t-il notamment considéré, avant d’appeler sa Commission à « revoir le mode de fonctionnement de l’économie nationale, comme cela s’est produit avec la fabrication de masques et d’appareils de respiration industrielle ».

Omar Balafrej, par ailleurs partisan de la promulgation d’une loi de finances rectificative, a demandé à ce propos « des explications sur le projet modifié par le gouvernement il y a trois jours », déclarant que « le message de transparence nécessite d’abord de clarifier cette étape pour les Marocains, car cette question a suscité une grande discussion au Maroc ».

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