Coronavirus : Les masques, le business fructueux de la Chine remis en question

05 Avr 2020 à 19:28 Monde
Coronavirus : Les masques, le business fructueux de la Chine remis en question

La Chine a vendu depuis début mars près de quatre milliards de masques à des pays étrangers luttant contre la pandémie liée au nouveau coronavirus. Cependant, les craintes se multiplient à propos de la qualité du matériel médical exporté.

Le désespoir mondial de se protéger contre la pandémie du coronavirus a déclenché une course internationale folle pour les masques et autres équipements de protection.

Les gouvernements, les chaînes d’hôpitaux, les cliniques et les entrepreneurs parcourent le monde à la recherche d’équipements de protection individuelle qu’ils peuvent acheter ou vendre, et un nouveau type de commerçant a vu le jour pour y parvenir.

Malgré le recul du nombre de cas sur son territoire, Pékin a encouragé les usines à accroître leur production d’équipements médicaux au moment où d’autres pays affrontent une pénurie.

Plus de 4 milliards de masques exportés par la Chine

La Chine, le plus grand fabricant de masques au monde, a été le premier pays touché par le Covid-19. Le pays asiatique a vendu mais également donné des millions de masques à l’Europe.

Depuis le 1er mars, la Chine a exporté vers plus d’une cinquantaine de pays 3,86 milliards de masques, 37,5 millions de vêtements de protection, 16.000 respirateurs et 2,84 millions de kits de détection du Covid-19, a déclaré Jin Hai, une responsable des services douaniers.

Au total, ces exportations sont évaluées à 10,2 milliards de yuans (1,33 milliard d’euros). Certains pays se sont toutefois plaints de la qualité des équipements médicaux importés de Chine.

Une mauvaise qualité des produits selon de nombreux pays d’Europe

Après des plaintes de l’Europe, y compris les Pays-Bas, les Philippines, la Croatie, la Turquie et l’Espagne, concernant des masques chinois de mauvaise qualité et des kits de tests inefficaces, le ministère chinois du Commerce a ordonné aux fabricants de fournir des assurances supplémentaires que leurs produits respectaient les normes.

L’Espagne a rappelé qu’environ 58 000 kits de tests Covid-19 étaient inexacts à la fin de la semaine dernière, et la Turquie a également mis de côté un certain nombre de kits de test d’échantillons défectueux.

Les Pays-Bas ont annoncé le 28 mars le rappel de 600.000 masques provenant d’une cargaison de 1,3 million venue de Chine car ils ne correspondaient pas aux normes de qualité, ne se fermaient pas correctement sur le visage et avaient des membranes (filtres) ne fonctionnant pas correctement.

L’Australie a également trouvé des choses à redire quant aux produits chinois, des responsables des forces frontalières ayant déclaré mercredi à l’ABC qu’elle avait saisi pour 800 000 $ de masques faciaux et d’équipements de protection individuelle (EPI) défectueux ces dernières semaines.

Le gouvernement chinois rassure

Des responsables chinois ont riposté dimanche aux informations de presse concernant la qualité des équipements médicaux chinois en assurant qu’elles « ne reflètent pas l’intégralité des faits ».

« Il existe en réalité plusieurs facteurs, tels que le fait que la Chine a des normes et des habitudes d’utilisation différentes des autres pays. Un usage inapproprié peut susciter des doutes sur la qualité », a observé Jiang Fan, responsable au ministère du Commerce.

« La Chine a également augmenté ses capacités de production de tests pour le Covid-19 à plus de quatre millions par jours », a indiqué Zhang Qi, un responsable de l’Administration nationale chargée des équipements médicaux

Mercredi, le ministère chinois du Commerce a fait une déclaration obligeant tous les exportateurs de produits médicaux à fournir des documents supplémentaires montrant que leurs produits respectaient les normes de sa destination d’exportation et étaient officiellement enregistrés en Chine.

Pour sa part, la Maison Blanche a annoncé au cours du week-end qu’elle avait organisé 22 vols pour transporter par avion des équipements de protection individuelle. Ces derniers visent à réapprovisionner les hôpitaux dans les 72 heures suivant le manque d’équipements de protection.

Le gouvernement chinois a encouragé les accords mondiaux, mais acheter et vendre des masques n’est pas une mince affaire. Les commerçants doivent faire face à la confusion, aux tentatives de fraude, aux lois douanières et à d’autres barrières.

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