Coronavirus/Maroc: Année blanche, vacances … tour d’horizon avec Mohamed Aderdour

03 Avr 2020 à 10:33 Education
Coronavirus/Maroc: Année blanche, vacances … tour d’horizon avec Mohamed Aderdour

Le ministère de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a décidé de reporter les vacances de printemps pour tous les cycles et le maintien des cours à distance, tout en démentant l’éventualité d’une année blanche.

Une décision qui s’inscrit selon le département de Said Amzazi dans le cadre des mesures préventives entreprises par le Maroc en vue de lutter contre la propagation du coronavirus (Covid-19), dont le confinement, et « vise à assurer la continuité pédagogique et éviter les impacts négatifs que pourrait avoir l’interruption des cours sur le rendement scolaire ».

Si cette décision n’a pas surpris quelques-uns, d’autres se sont interrogés sur les raisons du report des vacances scolaires du printemps, et le maintien des cours à distance dans les circonstances sanitaires que vit le pays actuellement.

Joint par Hespress Fr à ce sujet, le directeur de l’Académie régionale d’éducation et de formation (AREF) de la région de Rabat-Salé-Kénitra, Mohamed Aderdour nous a expliqué le comment du pourquoi.

« Partout dans le monde, les vacances sont synonymes de repos, de voyages, de visites familiales. Or, dans la crise sanitaire que nous vivons actuellement à cause du Covid-19, le confinement est imposé dans l’ensemble du territoire du Royaume, et les citoyens sont appelés à rester chez eux. Le ministère de l’éducation, en concertation avec toutes les parties concernées, a donc vu juste de reporter les vacances et de maintenir les cours », a-t-il avancé.

De même, notre interlocuteur indique que l’AREF de Rabat a reçu un retour très positif de la part des parents d’élèves, non seulement concernant le maintien des cours, mais aussi quant à la démarche visant à assurer l’enseignement à distance.

« Nous avons reçu des retours positifs sur les cours à distance à hauteur de 90%, à travers notamment les enseignants qui sont en contact permanent avec les parents d’élèves. Ces derniers estiment que non seulement leurs enfants restent à jour pour leurs cours, mais ça leur permet également de s’occuper à la maison pendant la période de confinement », dit-il.

Interrogé si l’enseignement à distance mis en place par la tutelle pour assurer la continuité pédagogique à travers les plateformes numériques et audiovisuelles « TelmideTICE » et la chaîne TV Attakafiya (arrabia), a bien fonctionné, notre interlocuteur confirme.

« Selon les données d’audience que nous avons pu récupérer auprès de la SNRT mais aussi le suivi qu’on effectue sur la plateforme TelmideTICE, nous avons constaté que les élèves suivent en effet leurs cours à distance avec l’aide de leurs parents à hauteur de 90% », indique Aderdour profitant ainsi de l’occasion pour remercier l’ensemble des enseignantes et enseignants ainsi que les cadres de l’enseignement qui se sont mobilisés pour assurer la continuité de l’apprentissage des élèves.

D’autre part, les critiques ont accompagné les mesures prises par le ministère de l’éducation nationale pour assurer la continuité pédagogique quant à la possibilité pour les élèves en milieu rural de suivre les cours  par Internet ou via la télévision alors que ces derniers, selon les détracteurs, ne disposent même pas d’eau et d’électricité.

En réponse à cette question, le directeur de l’AREF de Rabat a souligné que le ministère suit de près les réactions. Selon lui, « il y a des critiques logiques et fondées et d’autres infondées provenant d’individus qui voient tout en noir ».

« La plupart des enfants en milieu rural possèdent une télévision chez eux, contrairement à ce que les gens peuvent avancer. Et comme je l’ai précisé, selon l’audience qu’on a pu récolter auprès de la SNRT, les enfants du rural suivent leurs cours au même titre que leurs camarades du milieu urbain », assure-t-il notant que « si le ministère n’avait pas réagi à la crise sanitaire en mettant à disposition des élèves les cours à distance on l’aurait aussi critiqué, et quand il a réagi à temps en prenant des mesures importantes en un laps de temps réduit, on critique également sa démarche bienveillante ».

S’agissant du spectre de l’année blanche qui plane sur l’enseignement si la crise sanitaire se poursuit au-delà du 20 avril, Mohamed Aderdour nous informe que le ministère de l’éducation travaille actuellement d’arrache-pied sur tous les scénarios possibles, à savoir le report des examens ou autres possibilités, mais » il n’est pas du tout question d’année blanche », insiste-t-il.

« Il n’y aura certainement pas d’année blanche. Nous ne pouvons pas se permettre une année de perdu pour nos étudiants. Et le ministère de l’éducation nationale travaille rigoureusement aux côtés de toutes les parties concernées sur tous les scénarii possibles pour éviter que cela se produise. Tout cela dans l’intérêt de l’élève », conclut-il.

Enseignement à distance: 600.000 utilisateurs par jour de la plateforme TelmidTICE