Coronavirus/Maroc: la FENIP tire la sonnette d’alarme et en appelle au gouvernement 

25 Mar 2020 à 08:33 Economie
Coronavirus/Maroc: la FENIP tire la sonnette d’alarme et en appelle au gouvernement 

Suite à l’épidémie du Coronavirus qui envahit le monde entier en cette année 2020, avec plus de 400.000 cas, et qui n’épargnent malheureusement personne, l’économie mondiale a connu un chamboulement est un ralentissement sans précédent.

Fermeture des frontières, confinement, état d’urgence … plusieurs secteurs ont vu leurs activités s’arrêter du jour au lendemain. C’est le cas notamment du Maroc qui a pris dans un laps de temps des mesures draconiennes pour lutter contre la propagation de l’épidémie du Covid-19, et où le bilan national s’élève à 170 cas confirmés, 6 guérisons, 5 décès et 685 cas exclus après des tests négatifs, mais qui ont toutefois impacté grand nombre de secteurs.

Face à cette situation, la Fédération nationale des industries de transformation et de valorisation des produits de la pêche (FENIP) a tiré la sonnette d’alarme sur l’impact du Coronavirus sur le secteur de la transformation des produits de la mer.

La fédération indique ainsi que le secteur de la transformation des produits de la mer « subit de plein fouet les conséquences de la pandémie du Coronavirus qui n’épargne aujourd’hui aucune entreprise, aucun secteur, aucun pays et quasiment aucun continent ».

Elle relève à cet égard que les opérateurs du secteur enregistrent désormais « les refus des marchandises exportées dans plusieurs pays, en particulier les principaux clients à l’export auxquels s’ajoutent les perturbations à grande échelle des chaînes logistiques et des chaînes d’approvisionnement de matières premières puisque les bateaux de la pêche côtière sont à l’arrêt depuis 2 semaines ».

Elle indique pareillement avoir remarqué que les prix de vente des boites métalliques fabriquées au Maroc pour la conserve alimentaire ont subi une augmentation non justifiée, notant que « cette situation engendre une crise sans précédent dans le secteur et aura des répercussions sociales négatives notamment sur les tranches fragilisées des travailleurs à savoir les marins-pêcheurs ainsi que les ouvriers et ouvrières de la transformation des produits de la mer qui se comptent par dizaines de milliers ».

Tout en rappelant que le secteur de l’industrie de la pêche concerne environ 660.000 emplois directs et indirects, fait vivre quelque 3 millions de personnes, exporte plus de 85% de sa production et réalise un chiffre d’affaires de 2 milliards de dollars sur plus de 136 pays, la fédération fait savoir que le secteur pourrait aisément doubler son chiffre d’affaires et améliorer sa contribution à l’économie nationale à l’horizon 2025 si plusieurs conditions sont réunies.

Parmi les conditions avancées par la FENIP, la mise en place de mesures incitatives nécessaires dans le cadre d’un contrat programme, une communication fluide et régulière avec l’administration, une gouvernance articulée autour de partenariats public-privés et un financement adéquat et pérenne à travers la création d’un crédit maritime.

A cet effet, et pour sauvegarder le secteur, la FENIP appelle le gouvernement à prendre urgemment les mesures adéquates pour éviter une crise économique et sociale aiguë à l’échelle des régions et au niveau national, et propose une série de mesures notamment des facilités et souplesses devant être accordées par les banques en matière de fonctionnement du compte en attendant la reprise de l’activité et faire intervenir, au besoin, la CCG pour la garantie de fonds de roulement supplémentaires occasionnés par cette situation de pandémie.

Elle propose pareillement de renforcer les dispositifs d’assurance pour garantir les exportations de marchandises marocaines, la prise en charge, par l’Etat, des coûts nécessaires pour la préservation des stocks de produits finis jusqu’à la reprise normale des exportations, l’encouragement des exportations de leurs produits par l’exploitation des avions-cargos et la prise en charge les surestaries et tous frais engendrés par la mise en quarantaine des bateaux transitant par des pays à risques.

De même, la FENIP souligne que, sans distinction aucune, « tous les secteurs sont concernés et plus particulièrement les très petites, petites et moyennes entreprises, d’où la nécessité de travailler sur un plan national de protection des entreprises et de relance de l’économie».

Elle appelle ainsi le gouvernement, dans le cadre des mesures qu’elles proposent, de créer des cellules de crise public-privé par région en insistant sur la représentativité de tous les secteurs, ainsi que la création d’un comité de veille dédié à l’export par région et ce en coordination avec l’Association Marocaine des Exportateurs (ASMEX) et la Fédération des Chambres de Commerce, d’Industries et de Services.

Mais pas que ! La fédération propose également au gouvernement de prévoir des mesures compensatoires pour permettre aux entreprises de maintenir les emplois intérimaires, les saisonniers et les prestataires intermédiaires.

Pour conclure, et « en vue de suivre en temps réel les répercussions économiques de cette pandémie, la Fédération des industries de la pêche a créée au profit des entreprises du secteur de la transformation des produits de la pêche une cellule de veille joignable par email à l’adresse [email protected] et par tél au numéro 0522944894/ 0522365743».

La FENIP note qu’aux côtés de ses associations membres, elle se mobilise pour répondre au devoir national de solidarité et contribue au fonds spécial contre le Coronavirus mis en place sur Hautes instructions du Roi Mohammed VI, et appelle les entreprises du secteur à se « manifester dans le cadre d’une solidarité entrepreneuriale ô combien utile en ces temps difficiles ».

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