Coronavirus : En Palestine à Gaza le blocus israélien fait craindre un désastre humanitaire

24 Mar 2020 à 16:10 Cinéma

A Gaza deux premiers cas de coronavirus ont été recensés et font craindre le pire dans ce territoire isolé du monde. L’ONU parle d’un possible « désastre ».  

Il y a cinq jours Matthias Schmale, responsable de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) à Gaza, s’inquiétait et tirait la sonnette d’alarme quant aux conséquences ravageuses possibles du coronavirus (Covid-19) dans cette enclave palestinienne qu’est Gaza. « Il est illusoire de penser qu’on peut gérer une telle situation dans un espace clos comme celui-ci », affirmait-il, pointant du doigt un éventuel « gigantesque désastre ». Aujourd’hui, force est de constater que ce n’est plus une éventualité. En effet depuis deux jours, le coronavirus (Covid-19) rôde désormais à Gaza. Selon un communiqué du ministère de la Santé, dépendant du Hamas, deux Palestiniens ont été testés positifs. Il étaient de retour du Pakistan où ils ont contracté la maladie. Ils ont été placés en quarantaine dans un centre près de la frontière avec l’Egypte. Esseulés, ils seraient dans un état stable et ils n’ont eu aucun contact avec la population.

A Gaza, les grands rassemblements sont interdits, les écoles fermées et des milliers de personnes sont assignées à résidence enfin, quand elles en ont. Dans les camps de réfugiés où la densité de la population est impressionnante (82 000 personnes au km2), -c’est la plus important au monde-, la situation est autrement plus dramatique. Autant dire que le confinement, les Palestiniens en savent des choses. Juste de l’autre côté de la frontière, en Israël, cette densité ne dépasse pas 500 personnes au km2. Si l’on ajoute à cette situation le blocus imposé par l’Etat hébreu depuis 2007, on réalise les dégâts causés à travers le taux de pauvreté élevé et des infrastructures sanitaires défaillantes.

Israël a beau affirmer faire tout son possible pour s’assurer que du matériel médical parvienne à̀ Gaza et dit avoir facilité l’acheminement de 600 kits de dépistage et de 1 000 tenues de protection mais le compte n’y est pas du tout. La bande de Gaza ne dispose pour le moment que de 60 lits en soins intensifs et est confrontée à une pénurie de personnel, il n’y a pas plus de 60 ventilateurs respiratoires pour adultes et le nombre de lits d’hôpitaux est de 2895, soit 1,3 lit pour 1 000 personnes. Selon le ministère de la Santé, il faudrait, à Gaza, 400 médecins supplémentaires.

Le responsable du Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU à Gaza, Abdelnasser Soboh, dressant l’état des lieux estimait que le territoire palestinien (57 cas recensés en Cisjordanie) ne pourra pas faire face à̀ plus de 100 cas. Selon Gerald Rockenschaub, qui dirige le bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans les territoires palestiniens. Près de la frontière avec l’Egypte, le Hamas a construit 1 000 chambres d’isolement, qui s’ajoutent au centre de quarantaine où se trouvent les deux malades. Mais le pire est sans doute à venir dans ce territoire où près de deux millions de Palestiniens vivent comme dans une cage entre les frontières avec Israël et l’Egypte fermées quasiment en permanence.

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