Amnesty International épingle l’Algérie sur la répression des manifestants

06 Mar 2020 à 16:13 Monde
Amnesty International épingle l’Algérie sur la répression des manifestants

Les autorités algériennes ont, de nouveau, été épinglées sur la répression des manifestants du Hirak, et qui sont « arrêtés uniquement pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique ».

Dans un communiqué rendu public ce vendredi 6 mars, l’ONG relève qu’ «au lendemain de l’élection présidentielle en décembre dernier, au moins 76 personnes ont été arrêtées de manière arbitraire dans le cadre d’une vague d’interpellations menées par les autorités. Des militants de la société civile, des journalistes et des leaders politiques comptent parmi ceux qui sont inculpés de diverses charges fondées sur des infractions figurant dans le Code pénal, notamment +attroupement non armé+, +atteinte à la sécurité nationale+, +atteinte au moral de l’armée+ et +outrage à des fonctionnaires+ ».

Les autorités algériennes « brandissent la menace de procès au pénal contre des dizaines de manifestants pacifiques, visiblement dans le but d’intimider et de faire taire les voix critiques », estime dans ce sens Philip Luther, directeur des recherches et des actions de plaidoyer pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à AI.

Et de souligner que «le recours à des accusations forgées de toutes pièces en lien avec la sécurité nationale et l’armée, est particulièrement scandaleux », car, dit-il, « persécuter des manifestants pacifiques n’est certainement pas la réponse qu’attendent les Algériennes et les Algériens qui descendent dans les rues et réclament des réformes de grande envergure».

L’ONG énumère à cet égard les arrestations et « procès », plus de 1 400, menés tambour battant par les autorités algériennes depuis février 2019, date du déclenchement du Hirak.

Citant les cas de Yasmine Si Hadj Mohand, Hamid Hamadeche, Karim Tabbou, ou encore Raouf Rais, pour ne citer que ceux-là, dont les cas sont flagrants et les situations pour le moins aberrantes, Amnesty a demandé aux autorités algériennes de cesser immédiatement « leur campagne d’arrestations et de poursuites arbitraires ».

« Toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique doivent être libérées immédiatement et sans condition, et toutes les charges retenues contre elles doivent être abandonnées », a fait valoir Philip Luther.

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