Algérie : Le miraculeux acquittement du fils d’Abdelmadjid Tebboune

27 Fév 2020 à 15:00 Monde
Algérie : Le miraculeux acquittement du fils d’Abdelmadjid Tebboune

Une véritable mascarade s’est jouée au tribunal de Sidi M’hamed de la capitale Alger quand la cour a tard dans la soirée du mercredi 26 février annoncé « l’acquittement » du fils d’Abdelmadjid Tebboune qui répond au doux prénom de Khaled. Le prévenu, était poursuivi dans l’affaire « des promotions immobilières ». Le principal accusé, Kamel Chikhi, alias « El Bouchi » (le boucher), a été condamné par contre lui à huit ans de prison ferme.

L’instance juridique d’Alger a également prononcé d’autres peines dans la foulée. C’est ainsi que Kamel Bouarraba, ancien maire de Ben Aknoun s’est vu infliger une peine de six ans de prison. D’autres justiciables algériens en ont eu pour leur grade et pour leur implication. A chacun la sienne, le chauffeur de l’ex-directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), Abdelghani Hamel, écopait de quatre ans de prison ferme à laquelle s’ajoutait un joli pactole dont il devra se soulager en guise d’amende (200 000 dinars).

Idem pour l’héritier d’une autre notoriété mais qui ne relève pas de la présidence. Le fils de l’ex-wali de Relizane, Djalel Eddine Lamhel, moins veinard que « le fils de » a été condamné quant à lui à quatre ans de prison ferme, tandis que les deux procureurs de la République, Hadef Meslem et Youcef Sadek, ont été innocentés par le tribunal de Sidi M’hamed au même titre que le fils du président.

Le procureur de la République avait requis deux ans de prison ferme assortis d’une amende de 200 000 dinars contre Khaled Tebboune qui été poursuivi pour plusieurs chefs d’inculpation, dont « trafic d’influence », « abus de fonction », « perception de cadeaux indus » et « corruption » mais in fine, on n’a retenu qu’un seul grief pour l’innocenter. Le fils à son père était placé en détention provisoire depuis juin 2018.

Mais ce qui fait sourire la rue en Algérie c’est le revirement du principal inculpé tout en faveur de Khaled Tebboune lors de ce procès.  En effet, le témoignage initial Kamel Chikhi, dit El Bouchi, avait tout du « je ne te caresse pas dans le sens du poil » alors qu’il avait été virulent d’accusations à l’origine à l’encontre de son complice.  Le président Abdelmadjid Tebboune devrait apprécier le geste. El Bouchi poursuivi également dans le lourd dossier des 701 kilogrammes de cocaïne saisis au port d’Oran, a nié devant les juges toute complicité de Khaled Tebboune alors qu’au départ il affirmait le contraire.

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