Inde : New Delhi théâtre de sanglants conflits intercommunautaires en pleine visite de Donald Trump

26 Fév 2020 à 15:59 Monde
Inde : New Delhi théâtre de sanglants conflits intercommunautaires en pleine visite de Donald Trump

En pleine visite du président Donald Trump en Inde et orchestrés par des nationalistes hindous contre les musulmans, des affrontements, ont fait au moins une vingtaine de morts et plus de 200 blessés, dont une dizaine dans un état critique, en trois jours dans la capitale New Delhi. La situation se dégradait d’heure en heure en empirant de plus en plus ce mercredi 26 février faisant ainsi craindre un embrasement dans le pays.

Deux jours durant la visite du président américain, les télévisions indiennes ont joué d’alternance d’images du nord-est de la capitale ensanglantée par des émeutes sans précédent dans la capitale, avec d’autres plus au sud dans le district de New Delhi, où l’on déroulait tapis rouges au passage du président américain Donald Trump et de son épouse Melania et qui en coûte à l’Inde 80.000 euros par minute.

Ce contraste simultané entre la magnificence de la visite d’Etat et le chaos des quartiers populaires à majorité musulmane n’est que l’effet qui résulte de l’action de plusieurs facteurs différents. C’est une résultante génétique et environnementale née du très controversé texte, adopté en décembre dernier, qui régularise les réfugiés venus d’Afghanistan, du Pakistan et du Bangladesh, en leur accordant la nationalité, pour peu qu’ils ne soient pas des musulmans et dont l’Inde compte quelque 200 millions d’individus.

Des quartiers denses où vivent une majorité de Musulmans, au nord-est de la capitale, théâtre de violences intercommunautaires et par où le couple présidentiel américain devait passer ont été murés pour éviter la vue de la misère où vit cette minorité de l’Inde (14 % de la population). Cible régulière du gouvernement depuis l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi, en 2014 cette tranche de la population fait les frais de la nouvelle loi sur la citoyenneté. Jugée discriminatoire envers la minorité musulmane cette dernière est l’objet de protestations massives depuis plusieurs mois en Inde.

Pour ce qui est de la visite du président des Etats-Unis en Inde, en dépit des accolades chaleureuses, elle s’achève sans avancée concrète. Donald Trump a évoqué « d’énormes progrès » après les entretiens menés avec Narendra Modi mardi à New Delhi en matière de l’accord commercial qui reste le jeu d’un bras de fer entre les deux nations. Le satisfecit américain se comprend, car on s’en retourne avec un contrat de vente de trente hélicoptères militaires pour un montant de 2,4 milliards de dollars. L’Inde s’inscrit certes plus aux yeux des Etats-Unis dans un rôle d’allié stratégique et de contrepoids à l’influence de la Chine dans la région mais, elle demeure cependant déchirée par l’embrasement social afférent à la loi controversée sur la citoyenneté et par les tensions causées.

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