Mort mystérieuse d’un ingénieur marocain en France, sa famille exige une enquête

26 Fév 2020 à 07:31 Société
Mort mystérieuse d’un ingénieur marocain en France, sa famille exige une enquête

A 26 ans, Reda Amine M. a trouvé la mort dans des circonstances troublantes le 30 janvier dernier à Evry dans la région parisienne, où il se trouvait pour une mission de travail. La police locale penche pour un suicide mais la famille ne croit pas à cette thèse et demande une enquête en bonne et due forme. 

A Evry ce 30 janvier 2020, Reda Amine vient tout juste de rentrer à son hôtel après une soirée en compagnie de ses collègues de travail. Premier réflexe, il appelle sa mère puis sa fiancée pour leur souhaiter une bonne nuit. Ce sera la dernière fois qu’elles entendront le son de sa voix. Le lendemain matin, le corps de cet ingénieur aéronautique a été retrouvé sans vie dans la chambre qu’il louait depuis à peine quatre jours.

Contactée par la rédaction de Hespress FR, la mère du défunt, qui vit à Casablanca, est encore sous le choc. « J’étais en ligne avec lui seulement quelques minutes avant sa mort », nous dit-elle avant de nous éclairer sur la situation de son fils. 

Depuis trois ans, Reda Amine travaillait comme ingénieur mécanique à Casablanca pour une entreprise française spécialisée dans l’industrie de l’aviation civile et militaire juste après l’obtention de son diplôme. « La société l’a mandaté pour effectuer une mission en France, où il s’est rendu le 26 janvier en compagnie d’autres collègues de travail et tout se passait pour le mieux. Mon fils était heureux », nous confie-t-elle. 

Mais le lendemain matin, la maman ne reçoit aucune nouvelle, inquiète sans plus étant donné l’emploi du temps chargé de son fils. « C’est seulement quand sa fiancée m’a appelée pour me dire qu’il ne l’avait pas contactée de la journée que je me suis inquiétée», se remémore-t-elle. Précipitamment, elle s’empare de son téléphone et joint un des collègues présents sur place. « C’est à ce moment-là que j’ai appris sa mort », nous explique-t-elle avant de nous livrer sa première pensée sur le moment. « J’ai cru au départ que c’était à cause du gaz ». 

Les explications de la police ne viendront que le lendemain. « Je les ai contactés très rapidement mais on m’a fait patienter. Ce n’est que le 31 qu’ils nous ont confirmé sa mort. On m’a dit que le décès était dû au suicide par pendaison à l’aide d’une corde retrouvée à l’intérieur de chambre d’hôtel », reprend la sœur de la victime, pas vraiment convaincue par les conclusions de l’enquête. « Il aimait la vie, il avait énormément de projets alors pourquoi se serait-il suicidé ? », s’interroge-t-elle. Cette explication, elle n’y croit pas et a demandé à ce qu’une nouvelle enquête approfondie soit diligentée, à être informée sur ses résultats et que les conclusions de l’autopsie leur soient révélées. 

« Il n’avait aucun trouble psychologique au contraire, il était très intelligent et bien intégré dans son travail dans lequel il excellait », appuie la sœur de la victime. 

En plus de cela, Reda Amine devait bientôt se marier et avait même acheté une maison à Casablanca qui devait lui être livrée en août 2020. A sa fiancée, il avait demandé de préparer les documents de visa pour lui rendre visite en France. 

Concernant les circonstances de sa mort, la sœur du défunt a indiqué avoir contacté le ministère français de l’Intérieur. « On m’a dit que l’enquête était toujours en cours mais nous n’avons aucune nouvelle depuis ». 

« Mon fils était toujours positif, je ne sais pas comment il aurait pu se suicider … nous devons découvrir la vérité », souhaite la mère de la victime qui ajoute : « l’ordinateur de mon fils a disparu cette nuit-là et nous n’avons aucune explication alors qu’il travaillait sur des projets importants. Nous demandons donc une enquête approfondie et des preuves ». 

La sœur du défunt a évoqué des incohérences dans les données qu’elle a reçues de diverses autorités françaises. La police a ainsi assuré que le dossier était bouclé, après avoir déterminé les causes du décès par suicide, tandis qu’elle a reçu une lettre du ministère de l’Intérieur lui disant que la police enquêtait toujours sur les circonstances du décès.

La famille de Reda Amine appelle le ministère marocain des Affaires étrangères et l’ambassade du Maroc en France à intervenir pour l’aider à découvrir la vérité. « Il avait QI très élevé, il était très bon dans ses études et son travail, et il aimait la vie et aspirait à construire son avenir », nous rappelle cette famille qui attend simplement la vérité dans ce dossier. 

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