Moubarak décédé, une page de l’histoire égyptienne définitivement tournée

26 Fév 2020 à 09:39 Monde
Moubarak décédé, une page de l’histoire égyptienne définitivement tournée

L’ancien président égyptien Hosni Mouabarak, considéré comme le père de l’Egypte contemporaine, est décédé ce mardi 25 février. Il avait 91 ans. C’est la mort d’un homme qui aura atteint le sommet de l’Etat après une brillante carrière militaire et, qui aura vécu les dernières années de sa vie dans la tourmente. Avec son décès, une page de l’histoire égyptienne est définitivement tournée.

Son décès a été annoncé par le général Mounir Thabet, son beau-frère. L’ancien chef d’Etat qui souffrait de problèmes de santé ces dernières années a rendu l’âme à l’hôpital militaire Galaa, au Caire, où il avait subi une opération chirurgicale il y a quelques semaines.

Le nom de Hosni Moubarak était associé à celui de l’Egypte depuis les années 70 avant que son nom ne se renforce dans les années 80 pour régner sans partage trente ans durant.

Le Raïs ténébreux

Fort d’une formation militaire comme pilote de chasse de l’armée de l’air égyptienne, après avoir terminé major de sa promotion et être monté dans les grades année après année, il a fini par être nommé, en 1964 à la tête de la délégation de l’armée égyptienne en URSS où il parfait sa formation, par deux fois.

En 1975, il accède à la vice-présidence de la République, avant de se hisser à la présidence le 13 octobre 1981 suite à l’assassinat d’Anouar El Sadate.

Cet homme, petit de taille mais d’un grand charisme, va conduire d’une main de fer le pays éliminant toute possibilité d’opposition. Réputé « modéré » sur la question israélienne et palestinienne, il aura su garder les faveurs d’Israël avec qui il a conclu les accords de 79.

Housni Moubarak aura emmené on pays vers la voie du développement économique tout en se faisant courtiser par l’Occident, notamment avec un appui américain incontestable.

Mais en 2011, le « Raïs », qui s’était enfermé dans sa tour de verre en installant de plus en plus de distance avec son peuple, s’est vu emporté par la brise glaciale du « printemps arabe » qui a propulsé les islamistes de Mohamed Morsi au pouvoir.

Sortie de route pour l’ancien commandant

Le 11 février 2011 marque la date du début de la descente aux enfers pour l’ancien chef d’Etat, sa femme Suzanne et ses deux fils. Il devra, contre toute attente, faire face à la rue galvanisée par un mouvement de libération arabe, notamment en Tunisie fraîchement auréolée de sa révolution du Jasmin.

Très contesté pour son projet d' »héritage » de la présidence (au profit de son fils Jamal), Moubarak sera au coeur de la révolution égyptienne qui aura duré du 25 janvier au 18 février 2011, soit près d’un mois durant lequel les Egyptiens réclamaient pas moins que son départ définitif, en dépit de ses discours apaisants et ses multiples concessions. Il finira par démissionner, refusant toutefois de reproduire le schéma tunisien et quitter le pays.

En compagnie de sa petite famille et quelques proches, il se retire dans sa résidence d’été sur la mer rouge avant que ne commence la grande purge qui va le viser ainsi que son épouse et ses deux fils.

Il va être accusé d’« incitation au meurtre » de 846 manifestants de la place Tahrir dans la capitale et condamné en 2012 à la prison à vie par la justice égyptienne sous la présidence de feu Mohamed Morsi.

En 2013, sous Abdel Fattah Al Sissi, il va être remis en liberté conditionnelle puis libéré en mars 2017, blanchi de toutes les charges de meurtre, après 6 ans passés en détention.

Après des années passées dans l’oubli, l’ancien Raïs comparaissait toujours devant la justice pour d’autres faits en lien avec ses deux fils Alaa et Gamal Moubarak. Les Egyptiens découvraient alors un nonagénaire très affaibli, en fauteuil roulant, et n’était plus que l’ombre de lui-même.

La famille qui a subi de plein fouet le revers de la médaille restait poursuivie pour « manipulation boursière » et détournement de plus de 10 millions d’euros de fonds publics dans le cadre de l’entretien des palais présidentiels. Le père et les fils Moubarak ont été dans ce sens condamnés en 2015 à 3 ans de prison.

Alaa et Gamal Moubarak étaient accusés d’avoir vendu une banque sans la déclarer à la bourse. Le procureur les a accusés d’avoir « profité de gains financiers illégaux » avant que la justice pénale ne les acquitte samedi.

Suite à l’annonce du décès de Hosni Moubarak, la présidence de la république a déploré « avec profonde tristesse » la perte d’un commandant et « héros de la guerre d’octobre 73, qui a rétabli la dignité et la fierté de la nation arabe« , en référence à la guerre de la coalition arabe sous commandement égyptien et syrien contre Israël.

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