Hirak: Thafra promet le « procès du siècle » au Délégué général à la DGAPR

24 Fév 2020 à 15:02 Politique
Hirak: Thafra promet le « procès du siècle » au Délégué général à la DGAPR

Réunies au sein de l’Association Thafra pour la fidélité et la solidarité, les familles des détenus du Hirak défendent leur président Ahmed Zefzafi. Le père du leader du Hirak du Rif fait l’objet d’une poursuite judiciaire annoncée par le Délégué général à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), Mohamed Salah Tamek, sur fond d’entrée en grève de certains détenus du mouvement. Cette dernière information étant démentie par la DGAPR. 

L’association Thafra condamne ce qu’elle a appelé la « menace » du Délégué général à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion au père du leader du Hirak, Nasser Zefzafi. Ce dernier a entamé une grève de la faim mercredi dernier, en compagnie d’autres activistes détenus du Hirak du Rif.

Dans une déclaration commune, les familles des détenus ont invité Mohamed Salah Tamek à « se concentrer sur la satisfaction des demandes des grévistes de la faim et le respect de leurs droits, au lieu d’adopter la politique de fuite en avant et de créer des problèmes qui ne servent personne en ne faisant que rendre plus complexe la crise de l’État avec le Rif et avec les attentes de tout un peuple ».

Ce nouvel accrochage entre les familles des détenus du Hirak du Rif avec l’institution pénitentiaire fait suite à deux événements ayant eu lieu la semaine dernière. Après l’annonce, faite le mercredi dernier, par le père de Nasser Zefzafi et la mère de Nabil Ahamjik de l’entrée en grève de la faim des deux dirigeants du Hirak, d’autres détenus ont déclaré, à travers des messages de leurs familles respectives, l’entame d’une nouvelle bataille des ventres vides.

Ce samedi, la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) a rendu public un communiqué qui dément « les allégations selon lesquelles certains détenus dans le cadre des événements d’Al Hoceima, incarcérés aux prisons locales de Ras El-Ma à Fès et de Guercif, seraient entrés en grève de la faim ». L’établissement public a également annoncé son recours à la justice afin de poursuivre le père du leader du Hirak, Ahmed Zefzafi.

L’institution de Mohamed Saleh Tamek a déclaré en ce sens que le président de l’association Thafra a proféré « des accusations mensongères dans ses déclarations », tout en l’accusant de « servir des agendas étrangers suspects ».

Pour leur part, les familles des détenues du Hirak ont appelé dans leur déclaration le Délégué général de la DGAPR à « s’engager dans la correction des déséquilibres dans les différentes prisons du pays, dont certaines évoquées par le Cour des comptes, afin que la prison soit vraiment une institution de réinsertion et non un outil de contrôle et un appareil répressif tel qu’elle est actuellement, au lieu de menacer de poursuivre le père de Nasser Zefzafi et président de l’association ».

L’association a en outre dénoncé ce qu’elle a décrit comme « l’engrenage dangereux dans lequel l’Administration pénitentiaire veut se précipiter », mettant en garde contre « les dérives cherchant à utiliser la justice pour faire taire la voix des familles des détenus du Hirak du Rif », et promettant que toute poursuite en justice « serait le procès du siècle pour la Délégation ».

Thafra a en revanche critiqué « le terrible mutisme » du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) « face aux violations des droits des détenus du Hirak du Rif », exigeant que sa présidente, Amina Bouayach, « assume ses responsabilités constitutionnelles et humanitaires », et qu’elle « se consacre à la protection des droits de l’Homme sur le terrain ».

L’association a également tenu le Délégué Général pour « responsable de tout préjudice affectant les détenus dans leur persistance et leur intransigeance, ce qui les pousse à risquer leur vie et leur santé en entamant effectivement une grève de la faim ».

Notons que sur ce dernier point, la DGAPR a déclaré dans sa mise au point du samedi que « les allégations de grève de la faim relayées par des sites électroniques et sur les réseaux sociaux sont dénuées de tout fondement », notant que les détenus en question « prennent leurs repas d’une manière régulière ».

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