Iran : l’absentéisme et l’indifférence populaires colorent le Majlis d’une teinte très conservatrice

22 Fév 2020 à 12:42 Monde
Iran : l’absentéisme et l’indifférence populaires colorent le Majlis d’une teinte très conservatrice

En Iran, alors que leur quotidien reste affecté par les sanctions américaines et qu’ils ont connu un enchaînement d’événements d’ampleur, les citoyennes et les citoyens du moins ceux qui avaient daigné rejoindre les bureaux de vote élisaient les 290 députés du Majlis (Parlement) en ce vendredi 21 février.

Mais les Iraniennes et Iraniens quant à ces « législatives » ne sont pas dupes. Fatalistes, ils savaient les dés pipés. En effet les élections étaient déjà jouées et l’absentéisme n’a fait que confirmer une victoire annoncée, celle des conservateurs. Malheureusement le peuple iranien n’a eu que son absentéisme comme seule réponse aux puissants partisans du chef suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, qui contrôlent tous les principaux leviers du pouvoir en Iran.

Ce dernier a eu beau repousser le délai de fermeture des 55 000 bureaux de vote vendredi et prolonger à plusieurs reprises parfois même au-delà de minuit, rien n’y fit il n’y a pas eu la forte participation escomptée. C’est qu’en Iran, il est une grande  désillusion de la politique et même du religieux.

D’ailleurs les prémices, des résultats préliminaires ont reflété la frustration d’un peuple qui n’en finit pas de subir l’autoritarisme de ses gouvernants religieux. Au regard des premiers 42 résultats sur les 290 sièges attendus, 4/5ème revenaient déjà aux conservateurs. Aussi, peut-on dire sans frémir que ces derniers se dirigeaient vers une large majorité aux élections législatives du pays. Mais en réalité ces législatives se sont jouées ailleurs que dans les urnes.

Cela a réellement débuté en novembre, quand les forces de sécurité ces fameux gardiens de la révolution ont tiré sur les manifestants qui protestaient, contre la hausse soudaine du prix du carburant. En janvier, les mensonges et tergiversations sur le crash du Boeing d’Ukraine International Airlines qui a coûté la vie à 176 personnes ont sonné le glas du pouvoir religieux de l’Iran.

C’est donc sans surprise qu’en Iran le 11 février le Conseil des Gardiens, sorte de Conseil constitutionnel, a disqualifié une grande partie des candidats modérés et réformateurs. Sur les 14 500 candidats anti-conservateurs qui se présentaient, seuls 5 000 ont été autorisés à se présenter 9 500 candidats, pour la plupart réformistes, ont donc été recalés par cet organe dirigé par les ultra-conservateurs.

C’est avec compassion que l’on peut comprendre pourquoi les Iraniennes et Iraniens ne sont pas rendus aux urnes malgré l’appel à voter de l’Ayatollah Khamenei. Il ne restait au peuple iranien de plus de 18 ans que l’abstention pour défier le pouvoir de ces conservateurs purs et durs voire même ultras. Le taux de participation global à Téhéran atteignait 22%, selon des estimations officieuses. Le taux de participation national était proche de 40%, contre 62% en 2016.

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