Michael Bloomberg malgré les foudres de guerre subies remonte à la seconde place dans les intentions de vote

20 Fév 2020 à 22:36 Monde
Michael Bloomberg malgré les foudres de guerre subies remonte à la seconde place dans les intentions de vote

C’est un Michael Bloomberg maladroit qui a dû rendre des comptes à ses rivaux démocrates lors du débat télévisé des primaires à Las Vegas au Nevada. Mais ses maladresses ont vite été esquissées par les gros moyens sans précédents qu’il dépense pour la course à l’investiture.

D’entrée de jeu Bernie Sanders l’a attaqué en affirmant qu’il n’avait aucune chance de battre Donald Trump, en raison de son soutien passé à la pratique raciste du contrôle faciès « stop and frisk » (littéralement « interpellation et fouille ») du temps où il dirigeait New York en tant que maire (2002/2013). « Vous n’avez aucune chance de battre Donald Trump pour cette raison », lui a lancé celui qui du tiers des intentions de vote mène la course à l’investiture. Bloomberg, d’une voix atone a alors répliqué « Je suis New Yorkais, je sais comment m’y prendre avec un imposteur new yorkais de l’arrogance de Donald Trump. » Une réponse qui a fait état de grosse erreur d’appréciation par le fait même de mettre en avant « Big Apple » ville que bien peu « d’Américains puritains » apprécient vraiment.

Autre attaque qu’il n’a pu esquivée, celle d’Elisabeth Warren qui l’a bellement tancé en lui lançant : « J’aimerais parler de qui nous combattons. Un milliardaire qui traite les femmes de « grosses vaches » et de « lesbiennes au visage chevalin ». Et non, je ne parle pas de Donald Trump. Je parle de Michael Bloomberg. Les démocrates prennent un grand risque si nous remplaçons un milliardaire arrogant par un autre ». La sénatrice du Massachusetts faisait référence à une compilation satirique concoctée en 1990 par un cadre de la société Bloomberg et offerte au PDG pour son 48e anniversaire. La 9ème fortune du monde selon le magazine Forbes n’a pas pu joindre de réponse à sa gêne. Cela dit, mal à l’aise dans son premier débat le milliardaire n’a fait qu’encaissé coups sur coups tout au long de ce débat en n’étant que rarement offensif.

D’un autre côté, les six candidats s’en sont donnés à cœur-joie déversant attaques, insultes et autres flèches, à chacun son rival. Warren dans sa quête de redorer un blason terni s’en est prise, en plus de Bloomberg à ses adversaires directs l’ex maire de South Bend dans l’Indiana Pete Buttigieg, puis la sénatrice Amy Klobuchar. Pete Buttigieg, a quant à lui, visé Sanders en lui reprochant de ne pas publier davantage d’informations sur son dossier médical (allusion faite à son attaque cardiaque ici même à Las Vegas il y a près d’une année de cela). Ce à quoi Bernie Sanders, a répondu qu’il avait donné toutes les garanties.

L’ancien vice-président, Joe Biden qui joue sa survie lors de ce caucus du Nevada samedi, sans éclat est resté neutre pour ne pas dire, a semblé hors course. Lors de ce débat NBC News a totalisé 75 tirs (insultes, flèches, allusions et autres) dans les soixante premières minutes lancées à tout à chacun des candidats. Depuis qu’il a décidé en novembre 2019 de se mettre dans la course à la Maison Blanche, Michael Bloomberg a déployé des moyens sans précédent dépensant sans compter 409 millions de dollars (un million par jour sur Facebook selon NBC News). Cette publicité électorale a fait qu’il a réalisé une ascension fulgurante. Dans le camp démocrate on ne sait plus sur quel pied danser quant à cette candidature d’un ex républicain. Plusieurs sondages au lendemain de ce débat l’ont placé dans le trio de tête voire en deuxième position au regard du recul de Joe Biden de 11 points.

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