Tunisie: Un gouvernement sorti dans la douleur

20 Fév 2020 à 09:26 Monde
Tunisie: Un gouvernement sorti dans la douleur

La Tunisie a enfin un gouvernement, une équipe sortie dans la douleur et au temps additionnel de la date butoir fixée par la constitution. Elyes Fakhfakh, premier ministre tunisien désigné, a finalement pu dévoiler mercredi soir son cabinet remanié après que le parti Ennahdha ait donné son consentement d’y participer. 

Toutefois, si Fakhfakh a concédé certains points, il est resté ferme sur ses positions pour ce qui est de l’intégration du parti de Nabil Karoui, Qalb Tounes, pourtant une exigence de la formation de Rashed Ghannouchi.

Mais il a fallu que le chef de l’Etat, Kais Said brandisse la menace de ses prérogatives constitutionnelles qui lui permettent de dissoudre le parlement en cas de non accord autour de l’équipe gouvernementale dans les délais impartis.

La nouvelle liste de Fakhfakh, légèrement réaménagée, est composée de  32 ministres, dont 7 appartenant à Ennahdha, et confie les ministères régaliens à des personnalités n’ayant pas de lien direct avec des partis.

Ce gouvernement « regroupe toutes les familles politiques », des cadres de partis et des personnalités indépendantes », a mis en avant le premier ministre désigné dans une déclaration télévisée après avoir présenté sa liste mercredi soir au président Kais Saied.

« La période des concertations, malgré ses difficultés et sa complexité, s’est déroulée de façon tout à fait démocratique », a-t-il ajouté.

Les ministères de la Justice et de l’Intérieur, très convoités, ont été confiés respectivement à une juge présentée comme indépendante, Thouraya Jeribi, et à un ancien cadre ministériel qui venait d’être nommé conseiller juridique de la présidence, Hichem Mechichi.

La Défense revient à l’ancien dirigeant de l’Instance nationale d’accès à l’information (INAI), Imed Hazgui, et les Affaires étrangères à un ancien ambassadeur à Oman, Noureddine Erraï.

Si les tractations ont été serrées et les divergences plus qu’évidentes, l’appui d’Ennahdha, forcé de toute évidence, ouvre la voie à un vote de confiance favorable de la part du Parlement dans les jours à venir.

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