Turquie: Retour à la case prison pour, le mécène Osman Kavala

19 Fév 2020 à 12:48 Monde

Placé en détention provisoire depuis novembre 2017, accusé en cela d’avoir financé les manifestations de Ghezi, le mécène Osman Kavala, figure majeure de la société civile turque a été lavé de tout soupçon mardi par un tribunal de Silivri après avoir été acquitté avec huit autres personnes accusées de « tentative de renversement du gouvernement ». Mais aussitôt acquitté et juste après sa libération, le bureau du procureur général d’Istanbul a émis un mandat d’arrêt contre Kavala dans le cadre d’une enquête séparée, liée à une tentative de putsch visant le président Recep Tayyip Erdogan en 2016.

Osman Kavala a donc été placé en garde à vue juste après avoir quitté le pénitencier. Il a été cueilli à sa sortie de la prison de haute sécurité de Silivri, dans la banlieue d’Istanbul par les enquêteurs qui l’ont conduit au siège de la police antiterroriste à Istanbul dans la soirée où il a été placé en garde à vue. Les sensations de la liberté ont été éphémères pour cet homme d’affaires et philanthrope âgé de 63 ans.

L’annonce de l’émission d’un nouveau mandat d’arrêt par l’agence de presse étatique Anatolie a suscité une onde de choc à l’échelle interplanétaire et les réactions ont eu vite fait d’affluer. C’est ainsi que dans un communiqué, Amnesty International a appelé à « libérer immédiatement » M. Kavala, qualifiant la décision de l’arrêter après son acquittement de « cynique et cruelle ».

« Cette initiative, illégitime et motivée par un désir de vengeance, montre encore une fois que la justice turque est étroitement contrôlée par le pouvoir politique », a déclaré la représentante en Turquie de Human Righs Watch, Emma Sinclair-Webb.

Les grands sourires, les signes de la victoire et même des larmes de soulagement au prononcé du verdict de ce mardi 18 février dans l’immense salle d’audience installée à la sortie de la prison de Silivri, dans la banlieue d’Istanbul ont eu vite fait fait place à la surprise, l’étonnement voire le désarroi dès la nouvelle de sa garde à vue annoncée. Mais ce procès était à part, tant Recep Tayyib Erdogan en avait fait une affaire personnelle. Nommément le président turc  avait à plusieurs reprises accusé Osman Kavala de « financer les terroristes ».

Si la décision de l’acquittement était inattendue, celle de la garde à vue l’a été encore plus. Alors que la première aussitôt prononcée, a été saluée par les ONG et plusieurs pays étrangers, son arrestation par contre risque de susciter une avalanche de critiques et surtout de renforcer le sentiment d’un acharnement contre le mécène, plusieurs fois pris à partie par Erdogan. Ce précédent étaye la les accusations çà et là, que la justice turque est bel et bien à la solde du pouvoir en place et qu’elle manque d’indépendance.

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