Dans les rues de la protestation en Irak « a star is born »

17 Fév 2020 à 13:50 Monde
Dans les rues de la protestation en Irak « a star is born »

Les protestataires veulent porter l’un des leurs au sommet du pouvoir en Irak, Alaa al-Rikaby en l’occurrence. Dimanche 16 février, ils étaient des centaines dans le pays, à défiler, en brandissant les portraits, de ce pharmacien devenu figure de la contestation contre le pouvoir en place. La popularité de cette icône de la contestation que la rue voudrait voir nommer Premier ministre à la place de Mohammed Allawi, désigné lui par la classe politique, n’est déjà plus à faire et elle est de plus en plus grandissante.

Sur son compte Twitter que suivent, des dizaines de milliers d’abonnés (followers), en réponse à un référendum qu’il avait lancé, il a gazouillé en fin de semaine dernière que « si le peuple en décide ainsi, j’accepterai, ce poste n’a aucune valeur en tant que tel pour moi, ce n’est pas un butin, mais je le vois comme une énorme responsabilité ». Activiste de premier plan de la protestation il sévit à Nasiriyah, dans le sud de l’Irak. Dernièrement sa tente sur le campement des manifestants antigouvernementaux dans cette ville a récemment été en partie incendiée par une grenade assourdissante.

Rikaby, visage rond, crâne dégarni et barbe taillée, avait commencé à manifester au début du mois d’octobre aux côtés d’autres personnes qui en avaient assez de la corruption endémique, du manque d’emplois et des services publics médiocres. Depuis, le bonhomme a fait de chemin en devenant célèbre grâce notamment à une série de vidéos politiques postées sur Twitter à ses dizaines de milliers de followers.  Il y indiquait la voie à suivre pour un mouvement anti-gouvernemental sans chef.

Avant Rikaby, Faeq al-Sheikh Ali, un critique libéral de la classe dirigeante, s’est également déclaré candidat mais n’a pas reçu un soutien public ou politique de masse. En dépit de ces candidatures spontanées, le processus politique continue en vue de la formation d’un nouveau gouvernement en Irak. Dans ce contexte, le Premier ministre désigné, Mohammed Allawi, a affirmé samedi qu’il proposerait son gouvernement au vote de confiance du Parlement dans les jours à venir, promettant des ministres « indépendant », une condition posée par le leader chiite pro-iranien Moqtada Sadr qui tient le premier bloc à l’assemblée.

Les manifestants rejettent catégoriquement Mohammed Allawi car il a fait partie en tant que ministre par deux fois des systèmes passés. Moqtada Sadr, qui avait soutenu initialement la contestation a changé de veste  et appuie désormais le gouvernement à venir. Les factions irakiennes chiites, sunnites et kurdes sont susceptibles de conserver leurs parts de postes dans le cabinet sortant et visent à les conserver dans la prochaine formation ce qui rend la situation encore plus complexe.

Depuis le 1er octobre, l’Irak est plongé dans une crise politique sans précédent dans son histoire récente. Elle a fait officiellement près de 550 morts et 30.000 blessés.

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