Santé: L’Ordre des médecins s’attire les foudres des professionnels du privé

17 Fév 2020 à 08:11 Santé
Santé: L’Ordre des médecins s’attire les foudres des professionnels du privé

Le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) s’est, apparemment, mis sur le dos les professionnels du secteur privé. En effet, tout a commencé quand l’Ordre des médecins a tenu une assemblée générale à Tanger à la date du 29 janvier.

Mais le problème n’est pas le tenue de l’assemblée. Le syndicat national des médecins du secteur libéral accuse l’Ordre des médecins d’avoir voulu amender, lors de ce conclave, une mesure qui permet aux médecins universitaires mais aussi aux médecins du secteur public d’exercer dans le privé.

Une « manœuvre » que le syndicat décrit comme « désespérée et incompréhensible, et ce, pour légaliser ce que la loi punit (…) et enfreint les lois du Royaume mais aussi du système de la fonction publique, ouvrant ainsi la voie aux conflits entre les professionnels du métier », notant que « le rôle de l’Ordre est, justement, de veiller à ce que cela ne se produise pas ».

D’autre part, le Collège syndical national des médecins spécialistes privés, a également réagi à cette assemblée générale du CNOM surtout après la signature du PV par le président même de l’Ordre. En effet, suite à la diffusion du procès-verbal de ladite assemblée générale, le bureau exécutif du Collège s’est réuni en session ordinaire pour débattre de cette affaire, et ses membres ont finalement décidé de saisir le président du CNOM « lui demandant des éclaircissements au sujet du contenu du PV susmentionné ».

En parallèle, le bureau exécutif du CNOM a également décidé de saisir le ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb, mais aussi le secrétaire général du gouvernement, en leur demandant « de se prononcer sur les attributions réelles du président du CNOM et de l’Institution CNOM, et particulièrement le fait de légiférer ».

Mais pas que ! Le bureau du Collège a par ailleurs décidé de convoquer un conseil d’administration le 26 février prochain « en vue d’approfondir le débat  en se basant sur les réponses attendues des différentes institutions susmentionnées ».

La décision du Conseil national de l’Ordre des médecins n’a vraiment pas été du goût des professionnels du secteur privé. Se sentant concernés également par cette affaire, l’Association nationale des cliniques privées a aussi réagi au contenu du PV de l’assemblée générale de l’Ordre des médecins.

Tout en rappelant à l’Ordre ses pouvoirs législatifs comme stipulé dans la loi à savoir la préservation de l’éthique du métier et le contrôle de l’application de la loi, l’association a appelé l’Ordre « à respecter la loi 131.13 et veiller à son application, mais également travailler en se référant à  la loi régissant la fonction publique, tout en respectant la noblesse du métier de médecin».

De même, l’Association des cliniques privées s’est montrée « solidaire » avec l’ensemble des « sections syndicales médicales du secteur privé » , dans son communiqué du 13 février courant, les invitant à une «l’unité militante pour élire un Ordre indépendant, qui garantit une représentativité équitable pour chaque secteur, en dehors des alliances basées sur les magouilles comme lors des élections de 2018 ».

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