Le Sénat inflige un rappel à l’ordre à Donald Trump sur le dossier iranien

14 Fév 2020 à 14:55 Monde
Le Sénat inflige un rappel à l’ordre à Donald Trump sur le dossier iranien

Au lendemain de son acquittement par le Sénat, Donald Trump s’est vu cette fois contredit par ceux-là même qui l’avaient défendu becs et ongles contre la procédure d’impeachment que les démocrates avaient engagé à son encontre.

La conception autoritaire du pouvoir présidentiel en prend un sérieux coup. En effet, la Chambre haute du Congrès contrôlée majoritairement par les républicains a adopté jeudi une résolution visant à limiter une action militaire de Donald Trump contre l’Iran. Fait exceptionnel, huit des sénateurs républicains se sont associés aux démocrates pour approuver cette résolution qui est passée telle la lettre de la poste à 55 voix pour, contre 45.

Le texte demande au président de ne pas engager les forces armées des Etats-Unis dans des hostilités contre l’Iran « ou toute partie de son gouvernement ou de son armée », sans autorisation explicite du Congrès pour une déclaration de guerre ou une autorisation spécifique pour l’usage de la force militaire. Il souligne toutefois que le président garde la capacité d’engager une action militaire en cas d’attaque « imminente » contre le pays. Le document prendra le chemin inverse de celui de l’impeachment puisqu’il devra être envoyé à la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, qui devraient se faire une joie de le confirmer.

L’adoption de ce texte lancerait « un très mauvais signal » pour la sécurité des États-Unis, avait mis en garde Donald Trump mercredi sur Twitter. « Si mes mains étaient liées, l’Iran s’en donnerait à cœur joie », a-t-il ajouté, accusant les démocrates de vouloir « embarrasser le parti républicain ». Le président ne donne pas de signe de vouloir abandonner l’idée que la Constitution lui donne tout ce bon lui semble en tant que locataire de la Maison Blanche.

Ce volte-face de son équipe sénatoriale n’est que l’aboutissement du processus qui allait lui en coûter son fauteuil de président. En effet, certains des sénateurs républicains qui ont voté pour l’acquitter pensaient que le président tirerait des leçons de son impeachment et qu’il allait restreindre ses ardeurs à s’accaparer pouvoirs et droits. Que nenni ! C’était des vœux pieux.

Sa dérive autoritaire et celle de son administration ne s’en sont qu’accélérées après ses déboires à la Chambre des représentants et Sénat. Depuis il a fait le ménage et a limogé tous ceux qui ont témoigné contre lui. L’ambassadeur à l’Union européenne, Gordon Sondland, le lieutenant-colonel Alexander Vindland et de son frère jumeau analyste et attaché militaire au Conseil national de sécurité en savent des choses.

Pire, Donald Trump en prenant la défense par Twitter interposé de son ami personnel et conseiller politique Roger Stone a fait sauter un verrou dans l’indépendance judiciaire des Etats-Unis. Cette ingérence inappropriée dans une cause criminelle a eu pour effets en plus des démissions de procureurs fédéraux engagés dans ce dossier de mettre dans l’embarras William Barr qui ne s’est pas gêné pour incriminer les gazouillements du président.

Coronavirus: Le personnel médical commence à décéder du virus