Donald le sage, Donald le fou

13 Fév 2020 à 16:29 Monde
Donald le sage, Donald le fou

Donald Trump c’est connu, aime tant railler ses potentiels adversaires démocrates, qu’il a fait des surnoms moqueurs qu’il attribue à chacun d’entre eux, l’essentiel de son fonds de commerce du plaisantin parfois bon ou mauvais qu’il est. « J’ai des petits surnoms pour chacun d’entre eux », s’était vanté dimanche dernier sur Fox News Donald Trump, en référence aux onze candidats démocrates à l’investiture.

« Crooked Hillary » Hillary la crapule pour Hillary Clinton, « Lyin’ Ted » le Sénateur Ted Cruz,  « Wacky Tom Steyer » et « Weirdo Tom Steyer », pour Tom Steyer, « Sleepy Joe » Joe l’endormi pour Joe Biden, «Crazy Bernie» (Bernie le fou ) pour Bernie Sanders, «Shifty Schiff» Adam Schiff qui a mené pendant plusieurs mois l’enquête visant Donald Trump, «Cryin’ Chuck», Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate du Sénat, «Pocahontas» pour Elisabeth Warren, «Mini-Mike» pour Michael Bloomberg etc.

Contrairement à ce que la satire pourrait faire croire, ces surnoms n’ont rien d’improvisés. Donald Trump ou son équipe les ont pensés, préparés, puis martelés pour mieux imprégné l’auditoire présidentiel. «The Independent» l’ex tabloïd de centre gauche britannique disponible actuellement qu’en version électronique avait rapporté que « le président a commencé à travailler sur les surnoms de ses futurs adversaires, dès février 2019 ». Ces quolibets sont « une véritable stratégie politique » pour coller une étiquette dénigrante à un adversaire et souligner une faiblesse ou tare supposée.

Pour ce qui est de Pete Buttigieg qui a réussi à s’inviter dans le club fermé des favoris lors du caucus de l’Iowa et à la primaire démocrate du New Hampshire le président au-delà de se moquer de son patronyme difficile à prononcer « Boot-Edge-Edge », l’a surnommé « Howdy Doody » et « Alfred E. Neuman ». Il fait respectivement référence à une marionnette d’une émission pour enfants et à un gamin mascotte d’un magazine d’humour « Mad ».

Donald Trump, en octroyant ces enfantins sobriquets au candidat de 38 ans, le cible dans son inexpérience politique. Pourtant par rapport aux autres « Mayor Pete » le seul trentenaire de ces primaires et voire de la présidentielle, est épargné relativement, des railleries présidentielles, du moins pour l’heure. Mais ce n’est pas faute d’avoir essayé.

En effet au printemps 2019, quand le président septuagénaire avait tenté une comparaison avec Alfred E. Neuman, ce fut un flop.  Pete Buttigieg n’avait pas laissé passer l’occasion en répliquant, « Je vais être honnête, j’ai été obligé de le googler », avait-il répondu. « Je pense que c’est juste un truc générationnel, je n’ai pas saisi la référence… ». Depuis « Mayor Pete » possède un longueur d’avance.  Aujourd’hui l’ancien maire de South Bend se présente en candidat crédible. Quant à la prononciation de son nom il l’avait déjà décryptée en donnant des conseils amusés de prononciation à ceux qui le découvraient.

Depuis il est passé à l’offensive et c’est plutôt à Donald Trump d’encaisser. « J’ai fait face à des situations autrement plus difficiles qu’un tweet plein de fautes de frappe », répète le jeune candidat, qui rappelle qu’il a servi sous les drapeaux, en Afghanistan. « Je suis prêt à affronter Donald Trump parce que lorsqu’il jouera les durs, il devra expliquer, debout à côté d’un vétéran (services de renseignements de l’armée américaine), comment il a pu faire croire qu’une excroissance osseuse l’empêchait de servir sous les drapeaux », lançait-il en janvier, en référence aux nombreux reports d’incorporation obtenus par le milliardaire républicain pour ne pas être envoyé au Vietnam.

Début janvier, devant des centaines d’évangéliques rassemblées à Miami, Donald Trump avait ironisé sur son positionnement : « Il est soudain devenu extrêmement religieux, il y a deux semaines… », Buttigieg n’en fut que plus cinglant dans sa réponse : « J’ai au moins la certitude d’être croyant depuis plus longtemps qu’il est républicain ». Face au premier candidat ouvertement homosexuel qui pour le moment garde de belles chances d’obtenir l’investiture d’un parti progressiste, jusqu’où pourrait aller le conservateur Donald Trump ?

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