Brexit: Londres vise un accord commercial plus large avec le Maroc

13 Fév 2020 à 16:37 Monde
Brexit: Londres vise un accord commercial plus large avec le Maroc

En visite au Maroc dans le cadre de la sortie de la Grande Bretagne de l’Union européenne, Stephanie Al-Qaq, la directrice du département Moyen-Orient et Afrique du Nord au Foreign & Commonwealth Office, a affirmé, jeudi 13 février, la volonté de Londres de nouer un partenariat plus ambitieux avec Rabat et entre Rabat et Londres vers l’Afrique.

Alors qu’il tente de s’adapter à son divorce avec l’Union européenne après 42 ans d’un mariage tumultueux, le Royaume-Uni est en train de reprendre « avec confiance » sa place et ses relations stratégiques avec ses partenaires économiques dans le Monde.

Et c’est dans cet objectif que les choses se sont activées entre les gouvernements du Royaume-Uni et du Maroc ces dernières semaines pour non seulement continuer d’édifier leur partenariat, mais également de le porter à un meilleur stade, prenant en compte le « potentiel de croissance » du Maroc, a indiqué Stephanie Al Qaq, qui effectue sa toute première visite au Maroc dans le cadre de ses fonctions auxquelles elle a été nommée en mai 2019.

La directrice du département MENA qui a déclaré avoir pris part au sommet africain sur l’investissement organisé par la Grande Bretagne et ensuite avoir rencontré les ministres marocains, a affirmé avoir été témoin de l’implication et de l’engagement du Maroc en Afrique.

Et d’ajouter que cela renforce une volonté de travailler plus avec le Maroc en Afrique.

« Le Maroc a de réelles niches et nous avons de réelles niches« , a -t-elle dit en référence aux échanges commerciaux avec Rabat, lors d’une conférence de presse à la résidence de l’ambassadeur Thomas Reilly, en sa présence. « Nous ne sommes pas intéressés par le commerce simplement, nous voulons un partenariat expansif et cela doit aller dans les deux sens« , a-t-elle dit citant les « énormes opportunités » et le rôle que peut créer le Maroc au niveau du commerce dans la région.

« Je vois qu’il y a tellement de potentiel de croissance dans notre partenariat, je suis vraiment excitée et je pense que nous aurons beaucoup d’opportunités (…) Notre partenariat commercial n’a pas atteint son potentiel complet et c’est ce que nous cherchons à développer« , a-t-elle poursuivi.

Volonté d’intensifier les échanges échanges commerciaux 

Sur le volet du commerce et suite au Brexit, Stephanie Al Qaq a déclaré qu’elle « ne voyait pas de raison qui empêcheraient un partenariat plus ambitieux entre la Grande-Bretagne et le Maroc. Nous nous attendons à voir ce chiffre augmenter », répondant à une question portant sur les échanges commerciaux entre le Maroc et la Grande Bretagne qui n’excèdent pas les 4% du total des échanges avec l’Union européenne.

Pour rappel, les échanges commerciaux entre Londres et Rabat, se sont chiffrés à plus de 18,3 milliards de DH en 2018 avec des exportations évaluées à 8 milliards de DH, faisant du Royaume-Uni le 7ème client du Maroc et son 11ème fournisseur.

Après le Brexit, « nous avons une chance de réellement déployer nos ailes et de renforcer et d’approfondir nos relations bilatérales« , a-t-elle encore affirmé, notant que l’accord d’Association entre le Royaume du Maroc et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord signé est « un début » mais nous voulons être un Etat libre dans ses échanges, donc nous voyons cela comme une plus profonde libéralisation du commerce avec des pays comme le votre« .

« Je suis le deuxième visiteur (du gouvernement britannique) depuis quelques mois, ce qui envoie, je pense, un message clair« , a expliqué la représentante britannique qui a fait part « d’une connexion forte » entre les deux gouvernements.

Des propos approuvés par Thomas Reilly, qui a cité le chef de la diplomatie britannique et du ministre du commerce international, qui ont souligné la même « intention de libéralisation très profonde et plus élargie dans les échanges commerciaux entre les deux pays« . « On a un engagement venant de nos plus hauts dirigeants politiques« , pour élargir le partenariat au Maroc et avec le Maroc en Afrique. « Si on se contente de l’accord de continuité, ce sont de petites ambitions. Je pense que nos gouvernements ont des ambitions beaucoup plus larges« , a dit la responsable.

L’Agriculture, un « focus » pour Londres

Concernant la possibilité d’une plus grande exportation de produits agricoles marocains vers la Grande-Bretagne, notamment les tomates, les olives et les agrumes, des produits sur lesquels certains pays de l’Union européenne faisaient concurrence et qui devaient être privilégiés au détriment des produits agricoles marocains qui subissaient des limitations, la directrice du département Moyen-Orient et Afrique du Nord au Foreign & Commonwealth Office, a déclaré, « je pense que c’est ouvert« .

« Moi, j’achète des tomates marocaines, ce sont les meilleures et ça ne risque pas de changer. La qualité des produits venant d’ici sont évidentes pour tout le monde », a-t-elle ajouté, « maintenant que nous sommes en dehors de l’union européenne on a la chance de voir au delà de l’union. C’est possible et c’est à nous de travailler pour cela« .

« A la fin du mois de mars, il y a une délégation de FoodEx qui va aller au Royaume-Uni avec tous les producteurs, et l’idée ce n’est pas seulement que les britanniques achètent plus du Maroc, mais que les britanniques viennent investir ici, augmenter la productivité agricole. On est invité d’honneur au Siam, le secteur agricole c’est un focus pour nous. Et pas seulement parce que le Maroc est proche, mais aussi parce que le produit est de bonne qualité, et d’un très bon prix« , a lancé de son côté l’ambassadeur britannique,affirmant qu’il y a une feuille de route pour augmenter les échanges dans le secteur agricole.

Le diplomate a poursuivi en citant les grandes possibilités ouvertes dans le partenariat avec le Maroc. « Si vous regardez, ce n’est pas un secteur très producteur ici au Maroc. Vous avez 42% de la population qui travaille dans le secteur et qui ne produit que 15% du PNB, tandis qu’au Royaume-Uni, c’est 0,1% de la population qui travaille dans le secteur agricole, qui produisent entre 9 et 10% du PNB. On est complètement inversés,c’est une huasse de productivité qu’on peut espérer ici« .

Donald le sage, Donald le fou