Covid-19 : L’économie chinoise et mondiale au ralenti mais pas en crise

13 Fév 2020 à 13:52 Economie
Covid-19 : L’économie chinoise et mondiale au ralenti mais pas en crise

Les autorités sanitaires de la province chinoise du Hubei, foyer de l’épidémie de coronavirus Covid-19 ont fait état jeudi 13 février de 242 décès supplémentaires liés au virus. Ce nouveau bilan fait craindre le pire car c’est un record. Jamais auparavant depuis que l’épidémie s’est invitée en Chine à Wuhan dans le Hubei en décembre, un tel pourcentage n’a été atteint au cours d’une seule journée. Au total, 1 367 personnes sont mortes de l’épidémie en Chine continentale (plus deux autres, aux Philippines et à Hong Kong) et 60 000 personnes sont contaminées. Faut dire aussi que d’autres moyens de détection ont été mis en place.

Pour ceux qui ne s’amusent plus en croisière et plus particulièrement les confinés du « Diamond Princess », amarré au large de Yokohama, au Japon, une cinquantaine de cas de plus ont été déclarés jeudi, portant ainsi à 219 le nombre de personnes contaminées à bord du bateau. Au Vietnam, le ministère vietnamien de la Santé a placé en quarantaine pendant 20 jours par crainte d’une propagation du coronavirus Covid-19, une commune de 10 000 habitants, Son Loi près de Hanoi.

Cela étant, il est encore trop tôt pour évaluer l’impact économique de l’épidémie du Covid-19, car il faudra conditionner le facteur clé, non à la gravité de l’épidémie, mais plutôt à sa durée. Plus tôt l’épidémie sera terminée, plus l’économie chinoise en premier puis celle asiatique, américaine, européenne et par ricochet mondiale devraient en principe se redresser. Certes les mesures sévères de contrôle pour parer à ce fléau aussi bien dans le foyer de l’épidémie (Chine) qu’ailleurs, freinent ou ralentissent les performances économiques, mais c’est un moindre mal car elles aident également à endiguer le mal justement.

Toujours est-il que, s’il est un fait c’est que, l’économie chinoise ralentit. Ce n’est pas une surprise. Le secteur des services est les plus touché. Le commerce de détail, le tourisme, les hôtels et les transports (moitié du PIB de la Chine), souffre gravement. Ces perturbations par voie de faits affectent le secteur manufacturier, industriel et autres où s’approvisionnent les grandes puissantes économiques. L’inquiétude est d’autant plus grande que la communauté internationale face à la propagation sans peur et sans reproche de Covid-19 pourrait encore peser sur le commerce en annulant ses commandes et en limitant les mouvements de personnes.

De là, à oser le mot crise, c’est un pas à franchir qu’il ne faudrait pas trop tenter. C’est connu aussi bien sur le plan théorique qu’empirique, les épidémies ne peuvent provoquer que des ralentissements économiques à court terme. Cela dit, les conséquences extérieures (commerce au ralenti, pétrole en baisse et bon marché, tourisme, transports limités avec la Chine, renoncement momentané des produits « Made in China », …) ne devraient pas modifier de manière significative la tendance de croissance à moyen et long terme des économies des puissances locomotives. Tout baignera pour le mieux dès la tempête du Covid-19 passée.

En attendant ces jours meilleurs où l’économie rebondira et reprendra son cours normal, il y a de l’inquiétude dans l’air surtout après que L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ait qualifié le 30 janvier l’épidémie de coronavirus d’urgence de santé publique de portée internationale. Le Fonds monétaire international (FMI) reconnaissait dans la foulée de l’annonce que cette maladie aurait un impact sur l’économie globale dans son ensemble.

Et les pays dont l’Empire du milieu absorbe quelques menus pourcentages de leurs exportations ne devraient pas échapper à ce phénomène (Etats-Unis, Russie, Europe, pays asiatiques etc…). D’autant plus que dans ce contexte, ce sont les prix du pétrole en baisse depuis que le Covid-19 s’est déclaré, qui préoccupent. En effet, en Chine ou la consommation de ce combustible est à l’extrême, la demande a connu une chute telle qu’elle a entraîné un effondrement des cours du pétrole. Ainsi, en janvier, la cote du Brent avait perdu 12% de sa valeur et la dégringolade a au pour le meilleur des cas, le printemps en vue pour prendre fin.

Preuve de la préoccupation interplanétaire, en Europe, Bruxelles a maintenu jeudi à 1,2% ses prévisions de croissance pour 2020 et 2021 en zone euro, mais mis en garde contre les incertitudes liées au Brexit, aux tensions commerciales et désormais à l’épidémie de Covid-19, qui peuvent peser sur l’activité.

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