Italie : Matteo Salvini renvoyé devant la justice pour « séquestration » de personnes

12 Fév 2020 à 17:31 Monde
Italie : Matteo Salvini renvoyé devant la justice pour « séquestration » de personnes

Le Sénat italien a autorisé, mercredi 12 février, le renvoi devant la justice du chef de file de l’extrême droite, Matteo Salvini, accusé de séquestration de personnes en bloquant un bateau de migrants au large de la Sicile au moment où il exerçait ses fonctions de ministre de l’Intérieur. 

Si les résultats définitifs et officiels ne seront communiqués qu’à 18 heures GMT, le bureau électronique consulté par les journalistes de l’AFP indique que clairement que l’ancien ministre de l’Intérieur sera renvoyé devant la justice.

Ce dernier avait empêché en juillet, un navire de migrants de débarquer pendant près d’une semaine. Le navire militaire Gregoretti avait pris à son bord ces 140 migrants qui avaient été secourus par des gardes côtes italiens. Certains migrants avaient été évacués pour des raisons médicales mais 116 autres étaient restés à bord dans des conditions précaires.

Et c’est à cause de ce blocage qu’un tribunal de Catane (Sicile) a accusé Matteo Salvini « d’abus de pouvoir et de séquestration de personnes ». S’il est jugé, l’ancien ministre de l’Intérieur et patron de La Ligue, encourt jusqu’à 15 ans de prison.

« Je n’irai pas dans cette salle de tribunal pour me défendre, j’irai pour revendiquer avec orgueil ce que j’ai fait », a-t-il lancé aux sénateurs, réitérant que c’était son « devoir » de défendre les frontières du pays quand il était ministre de l’Intérieur.

« Mes deux enfants ont le droit de savoir que, si leur papa était souvent loin de la maison, ce n’était pas pour séquestrer des personnes mais pour défendre les frontières et la sécurité du pays », a-t-il ajouté, affirmant que « les adversaires doivent être battus dans les urnes, pas dans les tribunaux ».

Et pour cause, Matteo Salvini peut compter sur la popularité de son parti souverainiste qui a fait de la lutte anti-immigration l’une de ses priorités et qui, totalise 30% d’intention de vote selon les sondages, le plaçant en première place.

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