ALE Maroc-Turquie: l’«Anatolie Erdoganienne » hante le PJD

12 Fév 2020 à 17:32 Parlement
ALE Maroc-Turquie: l’«Anatolie Erdoganienne » hante le PJD

Critiqué sur les réseaux sociaux pour avoir étrangement rejeté la rigueur avec laquelle le ministre de l’Industrie et du Commerce a traité l’accord de libre-échange avec la Turquie, le PJD réagit par le biais de son président de groupe parlementaire, Mustapha Ibrahimi. L’élu islamiste accuse le ministre Moulay Hafid Elalamy de « faire preuve de sélectivité en matière d’accords de libre-échange ». Il aurait souhaité que le ministre évoque tous les pays exportant massivement ses produits au Maroc, et non seulement la Turquie dirigée par l’AKP de Recep Tayyip Erdogan.

La déclaration faite par le député RNI Mustapha Baïtass au cours de la récente séance plénière de la première Chambre continue de susciter la polémique. Et cette fois-ci, c’est le président du groupe parlementaire PJD Mustapha Ibrahim qui entre en ligne. Dans une déclaration au site officiel de son parti, l’élu et dirigeant islamiste explique qu’« il y a un traitement sélectif sur la question des accords de libre-échange, il nous a donc fallu intervenir pour exiger rééquilibrage de tous les accords de libre-échange, dans l’intérêt du Maroc et des commerçants marocains ».

Mustapaha Ibrahim remet en question le chiffre mentionné par le ministre de l’Industrie et du Commerce concernant la fermeture de 60 commerces de proximité suite à l’entrée de la chaine de distribution turque BIM dans un quartier marocain. Il estime que « ce nombre ne semble pas correct », se demandant « pourquoi le ministre n’a-t-il pas évoqué Carrefour ou d’autres magasins ? »

Les Chinois, ces têtes de Turcs

Le remplaçant de Driss Azami Idrissi à la tête du groupe parlementaire PJD de la Chambre des représentants se demande également « pourquoi la Chine n’a pas été mentionnée comme étant semblable à la Turquie qui n’investit pas au Maroc ?, Bien les échanges avec ce pays coûte au Maroc 44 milliards de DH de déficit extérieur ».

Mustapha Ibrahimi a nié toute relation étroite avec l’AKP turc en déclarant que « rien ne nous relie à la Turquie, même si certaines personnes s’offusquent du fait que nos deux partis portent le même nom. Ce qui nous intéresse, c’est l’intérêt de la nation, de l’économie nationale et des commerçants marocains ».

Rappelons que le ministre El Alamy a expliqué ce lundi devant les députés de la première Chambre que les pertes en valeur d’échanges commerciaux avec la Turquie sont les plus importantes parmi tous les accords qui lient le Maroc à d’autres pays. Il s’agit d’un déficit de 18 milliards de dirhams par an, en plus des pertes d’emploi enregistrées dans des secteurs clés comme le textile (plus de plus de 100 000 postes d’emploi supprimés dans le secteur au cours des 5 dernières années, pour des raisons de concurrence et de compétitivité.

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