Tunisie : Le consensus de l’impossible

07 Fév 2020 à 14:10 Monde
Tunisie : Le consensus de l’impossible

Alors que le président de la République de Tunisie Kaïs Saied observe, sur ordre de son médecin, un congé médical de quatre jours à partir de ce vendredi 7 février 2020, (inflammation aiguë de la gorge) et qu’il ne reste plus qu’une quinzaine de jours pour combler un vide politique, Elyes Fakhfekh tarde à trouver le consensus politique qui permettrait à son pays de sortir de la crise dans laquelle il baigne depuis pratiquement quatre mois.

Ce jeudi, au domicile de Rached Ghannouchi, le leader et non moins président du mouvement Ennahdha une réunion tripartite a regroupé le Cheikh en question, le Premier ministre désigné Elyes Fakhfekh et le président de Qalb Tounès Nabil Karoui pour justement dégripper la situation. Et même si l’on s’est quitté souriant, rien n’est venu cependant étayer une quelconque éclaircie sous le ciel gris de la Tunisie politique.

Chacun a, selon l’expression d’usage, campé sur ses positions. Le chef du gouvernement désigné n’a rien cédé ni sur les ministères de souveraineté ni sur la participation de Qalb Tounès à l’exécutif. Au contraire le locataire désigné de Dar Dhiafa, Elyes Fakhfekh aurait tenté de convaincre Nabil Karoui en lui faisant miroiter les bienfaits de l’opposition qui siérait au mieux au second parti (en voix) du pays Qalb Tounès.

Ce blocage politique, vu par la rue tunisienne, est volontaire et il n’y a pas de quiproquo. C’est le président du Parlement Rached Ghannouchi qui en jouerait des ficelles, lorgnant les affaires du pays au détriment du Président de la république qui malgré popularité auprès des Tunisiens n’a pas une assise politique sur laquelle il puisse s’appuyer (pas de parti derrière lui).

Ghannouchi tente d’imposer ses velléités politique par le pouvoir que lui confère son statut parlementaire en titillant d’un désaccord ceux du président de la République et le chef de gouvernement désigné.  Pour le leader d’Ennahda, la légitimité du gouvernement devrait trouver sa raison d’être auprès du Parlement et non auprès de la présidence. Dans l’affaire, c’est Qalb Tounès qui se retrouve entre l’enclume et le marteau d’où la position mordicus et de Fakhfekh et de Ghannouchi de laisser Karoui sur la touche en bon opposant.

Qu’à cela ne tienne ! le Chef du gouvernement désigné n’en démord et dans quête de former un exécutif salvateur a convoqué à Dar Dhiafa à Carthage ce vendredi 7 février 2020 et jusqu’à demain samedi 8 février, des réunions entre les partis formant la coalition gouvernementale à des fins de consultations histoire de former un éventuel gouvernement. Cette initiative intervient pour répondre aux propositions faites par Elyèss Fakhfekh aux partis quant à sa conception de l’exécutif.

Déjà une défection a été enregistrée celle de la présidente du Parti destourien libre, Abir Moussi, qui a décliné l’invitation. En attendant, on est loin d’être sorti de l’auberge en Tunisie et les pourparlers risquent encore de s’éterniser et aboutir sur le point d’un non-retour, ce que l’on ne souhaite pas pour ce grand peuple.

Coronavirus: La Chine lance une enquête concernant le médecin lanceur d'alerte