« Benz-Benz, une odyssée mécanique », une exposition hommage au « Grand Taxi »

hespress avec 07 Fév 2020 à 18:13 Culture
« Benz-Benz, une odyssée mécanique », une exposition hommage au « Grand Taxi »

Les photographes Mamoun Rtal Bennani et Jules Rouffio ont organisé, jeudi soir au CDA Gallery de Casablanca, le vernissage de leur exposition « Benz-Benz, une odyssée mécanique », une traversée du Maroc contemporain au fil des sillons creusés par son plus dévoué laboureur, le « Grand Taxi ».

Les clichés suggestifs des deux « explorateurs » sont une sorte d’invitation pour prendre la route à bord de la légendaire Mercedes-Benz 240, histoire de découvrir ou redécouvrir les routes, les montagnes, les villes et même les patelins les plus pittoresques du pays.

Le voyage commence à Casablanca pour rejoindre les hauts plateaux enneigés du Moyen-Atlas et se poursuit vers le sud-est du pays, à Merzouga, porte du désert, à Ouarzazate, puis Taliouine, le cœur de la vallée du safran, avant de rejoindre Agadir.

Il longe, ensuite, la côte atlantique en traversant la région d’Essaouira, la ville de Safi, zone industrielle, avant d’échouer à Jorf El Asfar, où se trouvent les grandes aciéries qui récupèrent et transforment les carcasses éreintées des taxis sortis malgré eux de leurs circuits.

Les lignes affirmées de ces Mercedes-Benz recomposent résolument la cartographie d’un territoire discontinu. Alors que la couleur du taxi mue, comme pour signaler la saveur particulière d’un lieu, sa marche volontaire lie les espaces les plus divers.

On l’appelle « Grand Taxi » non seulement parce qu’il emprunte de longs trajets, mais aussi parce qu’avec ses sept places, c’est un hôte généreux. Le voyage collectif en Grand Taxi est l’occasion de rencontres, synthétisant ainsi un mode de vie qui étreint toujours l’aléatoire et l’inattendu.

Pour Mamoun Rtal Bennani, « les Taxis Mercedes sont entrain de disparaître du paysage Marocain, d’où l’idée d’aller sur leurs traces dans tout le Maroc, de les prendre dans les différents milieux et de les photographier dans leur contexte naturel« .

Amoureux de la photographie, mais aussi de la mécanique et des vieilles voitures, le jeune photographe estime que cette exposition, qui se poursuit jusqu’au 11 mars prochain, est de nature à pérenniser un témoignage de la place de cet emblématique véhicule dans le quotidien du Marocain, ainsi que de mettre en valeur ses lignes « qui nous plaisent, qui sont belles graphiquement, mais aussi qui font partie de la culture marocaine« .

De son côté, Rouffio a déclaré que ce projet « montre non seulement mon amour pour les Mercedes et les voitures, mais exprime également mon amour pour le Maroc« , relevant qu’il a décidé, avec son associé, d’inscrire ces voitures dans les paysages marocains afin de faire un hommage à « nos deux plus grands amours« .

Mamoun Rtal Bennani et Jules Rouffio sont deux photographes de reportage. Le premier est photographe de formation et évolue actuellement dans le milieu rural où sa principale occupation est l’agriculture. Le second a suivi une formation de géographie rurale, et au gré de ses excursions de découverte, la photographie est devenue sa passion, puis sa principale occupation.

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