Viol d’une mineure par un Koweïtien à Marrakech: l’AMDH se constitue partie civile

05 Fév 2020 à 09:41 Société
Viol d’une mineure par un Koweïtien à Marrakech: l’AMDH se constitue partie civile

L’antenne marrakchie de l’Association marocaine des droits de humains (AMDH) appelle à organiser dans les prochains jours un sit-in pour protester contre la pédophilie au moment où la justice a entamé le procès du touriste koweitien accusé d’avoir violé et violenté un enfant mineur. 

Le bureau Marrakech-Ménara de l’AMDH déclare « suivre avec attention » le procès du présumé pédophile Koweitien qui a invraisemblablement pu bénéficier d’une libération provisoire de la Chambre criminelle du Tribunal de première instance le 28 janvier dernier, tout en condamnant les faits.

L’accusé en question avait caché une fille mineure de 14 ans dans le coffre de sa voiture, avant de l’introduire dans son lieu de résidence, l’un des plus célèbres complexes hôteliers de la Palmeraie de Marrakech, où il a violenté, violé et filmé sa jeune victime.

« Selon les procès-verbaux policiers, le prévenu a avoué avoir emmené la victime dans un appartement situé à la Palmeraie avant d’avoir des relations sexuelles avec elle, en contrepartie de la somme de 3600 dirhams. La victime mineure, elle, a assuré que l’homme l’a placée dans le coffre de la voiture pour ne pas attirer l’attention des agents de sécurité, avant de la violer dans son appartement, et ce, malgré les supplications de la victime qui lui a dit qu’elle était vierge et mineure », s’indigne l’association qui précise que les faits remontent à juillet 2019.

L’association exprime son « étonnement » que l’accusé ait été provisoirement libéré, sans être placé sous contrôle judiciaire et sans retirer son passeport, « ce qui a soulevé la possibilité de quitter le territoire national et d’échapper à la peine », ajoutant que le tribunal a décidé le 30 janvier (2 jours après le début du procès, NDLR) de confisquer son passeport, après la diffusion de cette horrible nouvelle, suivie de vives réactions laissant apparaître un grand mécontentement de l’opinion publique.

Sur ce volet, le communiqué incendiaire de l’AMDH se félicite de « l’interaction du Conseil supérieur de l’autorité judiciaire avec les préoccupations des défenseurs des droits de l’Homme et de l’opinion publique nationale, qui ont dénoncé la décision du tribunal de première instance près la Cour d’appel de Marrakech».

Le bureau Marrakech-Ménara de l’AMDH insiste tout de même sur  le respect du déroulement du procès, loin de toute ingérence portant atteinte aux droits de la victime.

« Nous sommes autant surpris de la position de l’ambassade du Koweït, qui semble avoir dépassé le domaine diplomatique, qui tente de faire pression pour que son ressortissant bénéficie de la libération provisoire sous sa garantie, ce qui viole les conventions internationales dans le domaine des droits de l’Homme », explique la section Marrakech de l’AMDH.

De même, accuser la jeune fille victime de viol de « prostitution » constitue, selon l’AMDH, « un comportement décevant, honteux et diffamant, car l’enfant est simplement victime d’exploitation sexuelle, et elle peut être victime de proxénétisme, ce qui est criminalisé par le droit international des droits de l’Homme, et en particulier les Articles 32 à 34 de la Convention relative aux droits de l’enfant signée par l’État marocain ».

L’association a en fin annoncé son intention de se constituer en tant que partie civile lors de la prochaine audience du touriste koweitien, prévue le 11 février prochain.

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